La rue est à nous : Wazemmes qu’ils aiment

À Lille, ce quartier populaire et multiculturel tient toutes les promesses du vivre-ensemble et tente de résister à la gentrification. reportage

Vanina Delmas  • 20 juillet 2016 abonné·es
La rue est à nous : Wazemmes qu’ils aiment
© GUILLAUME SOULARUE/AFP

Comme chaque jour, Mireille s’installe à une table de La Nouvelle Aventure pour boire son café. Cette professeure d’anglais à la retraite vit dans le quartier Wazemmes depuis vingt-cinq ans et, en ce jour de résultats de bac, elle semble particulièrement nostalgique. « Ce soir, je retourne au lycée, juste dans la rue derrière. Ils continuent à m’inviter chaque année au barbecue organisé pour la fin des cours », chuchote-t-elle, comme pour rester discrète.

Pourtant, la convivialité de ce quartier -lillois n’a rien de secret. Pour s’en convaincre, il suffit de rester une petite heure dans un café. Franck, violoniste connu et reconnu dans le quartier, est salué à chaque pas. Coralie, qui vit ici depuis des années, ne manque pas de mots pour décrire son quartier : « chaleureux », « vivant », « festif », « cosmopolite »… Un véritable « village » où vivent pas moins de 25 000 personnes, à seulement dix minutes de la Grand-Place de Lille. Et, comme dans tout village, le marché est incontournable.

Autour de l’église Saint-Pierre-Saint-Paul, la valse des camions s’accélère vers 8 heures du matin. Le bruit métallique des chariots sur les pavés sort les passants de leur torpeur. Et les parfums qui envahissent la place éveillent progressivement les sens. L’odeur des croissants chauds se

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

Loana Petrucciani : l’exploitation des femmes pauvres par la téléréalité est un spectacle mortel
Analyse 27 mars 2026 abonné·es

Loana Petrucciani : l’exploitation des femmes pauvres par la téléréalité est un spectacle mortel

L’histoire de la première vedette française de télé-réalité rappelle ce que la notoriété fait aux femmes : elle les tue, réellement ou symboliquement, comme pour expier la misogynie d’une société entière.
Par Nesrine Slaoui
« Il fallait que Loana meure pour qu’on en parle vraiment »
Entretien 27 mars 2026 abonné·es

« Il fallait que Loana meure pour qu’on en parle vraiment »

Le décès de Loana Petrucciani ravive un malaise collectif longtemps tu. L’essayiste Rose Lamy décrypte comment le mépris de classe a façonné la trajectoire d’une femme déplacée dans un monde qui ne voulait pas vraiment d’elle.
Par Juliette Heinzlef
« L’Union européenne et ses États membres rêvent de camps pour des dizaines de milliers de personnes »
Entretien 26 mars 2026 abonné·es

« L’Union européenne et ses États membres rêvent de camps pour des dizaines de milliers de personnes »

Marie-Laure Basilien Gainche, professeure de droit public analyse en quoi le règlement « Retour » voté aujourd’hui par le Parlement européen bafoue des droits fondamentaux. Pour elle, ces derniers sont perçus « comme des contraintes » par l’Union européenne dans la mise en œuvre de ses politiques d’éloignement.
Par Pauline Migevant
« Le 21 mars, à Nanterre, nous marcherons pour Nahel et contre les violences policières »
La Midinale 20 mars 2026

« Le 21 mars, à Nanterre, nous marcherons pour Nahel et contre les violences policières »

Samedi 21 mars, à 14 h 30, une marche pour Nahel et contre les violences policières se lancera depuis les abords du lycée Joliot-Curie à Nanterre. Après la requalification du meurtre en violences (mais avec le pourvoi en cassation du parquet), Mornia Labssi, militante antiraciste et co-organisatrice de la marche, est l’invitée de « La Midinale ».
Par Pablo Pillaud-Vivien