Loi travail : La farce antiparlementaire de Manuel Valls

Michel Soudais  • 5 juillet 2016
Partager :
Loi travail : La farce antiparlementaire de Manuel Valls
© Photo: Thomas SAMSON / AFP.

Manuel Valls a de nouveau engagé mardi la responsabilité de son gouvernement sur le projet de loi travail, en annonçant à la tribune de l’Assemblée nationale son recours à l’article 49.3 de la Constitution dès le retour du texte en deuxième lecture.

Le 10 mai, en première lecture, faute de majorité, le Premier ministre avait coupé court à la discussion parlementaire après trois jours de débats alors que les députés n’avaient pas encore entamé l’examen de l’article 2 de ce projet de loi qui en compte 52. Cette fois, le chef du gouvernement n’a même pas permis que le débat commence. Le coup de force antiparlementaire se répète ; la première fois comme tragédie, la deuxième fois comme farce.

Et c’en était bien une d’entendre Manuel Valls défendre, sans réponse possible des députés, les « avancées » d’un texte « de progrès social » qui, toujours selon le Premier ministre, a « fait l’objet d’une large concertation ». Comme si un mensonge dix fois répété pouvait devenir une vérité.

Si aucune motion de censure n’est déposée dans les 24 heures, le projet de loi sera définitivement adopté. Le groupe Les Républicains, qui a déjà fait savoir qu’il ne déposerait pas de motion montrant par là qu’il n’était pas opposé au texte, a quitté ses bancs à l’annonce du 49.3. Le dernier espoir de bloquer le texte repose donc sur les députés du Front de gauche, d’Europe écologie-Les Verts, non-inscrits ou « frondeurs ». Pour déposer une motion de censure, il faut 58 députés. La dernière fois, ils étaient 56. Trouveront-ils cette fois assez de courageux pour bloquer une loi inique rejetée par une majorité de Français ?

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Municipales : à Limoges, chronique d’une défaite
Reportage 25 mars 2026 abonné·es

Municipales : à Limoges, chronique d’une défaite

À Limoges, la victoire a, pour la troisième fois d’affilée, échappé à la gauche lors du scrutin municipal. Une déception d’autant plus forte qu’insoumis, socialistes, écologistes et communistes s’étaient décidés à partir main dans la main pour ce second tour.
Par Alix Garcia
Marine Tondelier : « Ce n’est pas parce qu’on a subi des revers électoraux qu’on va baisser les bras »
Entretien 24 mars 2026 abonné·es

Marine Tondelier : « Ce n’est pas parce qu’on a subi des revers électoraux qu’on va baisser les bras »

De la vague verte des municipales de 2020 il ne reste que l’écume. Le second tour des municipales a été une douche froide pour Les Écologistes avec la perte des plus grandes villes, sauf Lyon, et peu de conquêtes. La secrétaire nationale du parti confie sa déception et fustige les divisions de la gauche, sans remettre en cause l’idée d’une primaire de la gauche hors LFI pour 2027. 
Par Vanina Delmas et Lucas Sarafian
Municipales : le grand flou à gauche
Analyse 24 mars 2026 abonné·es

Municipales : le grand flou à gauche

Socialistes, Écologistes, insoumis et communistes ont souvent perdu, parfois gagné des villes. Et un an avant la présidentielle, la guerre des gauches reprend de plus belle.
Par Lucas Sarafian
À Bobigny, « on vote aussi par logique de survie sociale »
Récit 24 mars 2026 abonné·es

À Bobigny, « on vote aussi par logique de survie sociale »

Dans la ville de Seine-Saint-Denis, le maire sortant de gauche, Abdel Sadi, conserve son fauteuil face à une alliance centriste. Une victoire serrée et marquée par de fortes polarisations où la défiance des habitant·es et les divisions locales restent des enjeux majeurs pour l’avenir de la ville.
Par Kamélia Ouaïssa