Notre-Dame-des-Landes : Les fourches se lèvent à l’Ouest
Notre-Dame-des-Landes n’est pas qu’une bataille locale. De nombreux agriculteurs de Bretagne s’investissent dans ce combat en phase avec leur philosophie de vie. reportage
dans l’hebdo N° 1411 Acheter ce numéro

D’un regard, le doute s’estompe : nous sommes au bon endroit. Un avion noir sur fond jaune surmontant un « NON ! » majuscule autoritaire : fièrement collé sur le coffre d’une voiture, discrètement épinglé dans l’entrée d’une maison ou exhibé en format géant sur la façade d’une ferme, le signe de reconnaissance des opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes s’affiche partout. Un étendard percutant que l’on croise tant sur les chemins verdoyants d’Ille-et-Vilaine que dans les villages du Morbihan.
Au fil des années, le réseau de solidarité s’est tissé bien au-delà des frontières de la Loire-Atlantique, notamment chez les agriculteurs bio, souvent associés à la Confédération paysanne. Copain 44, le collectif des organisations professionnelles agricoles indignées par le projet d’aéroport, la cellule-souche de cette mobilisation paysanne, se coordonne régulièrement avec ses soutiens dans les départements limitrophes. « La proximité géographique fait qu’on se sent naturellement proches de cette lutte. Ce projet d’aéroport, c’est l’illustration d’une politique qui aseptise les terres sans aucune considération environnementale ou sociale », explique Pierrick Rigal, éleveur de poules pondeuses.
Derrière ses fines lunettes, son regard