Dossier : Notre-Dame des résistances

Notre-Dame-des-Résistances : Pourquoi ce n’est pas fini

Manuel Valls s’imagine peut-être que le tour de passe-passe du 26 juin a le pouvoir de dissoudre les enjeux. Bonne chance, monsieur le Premier ministre.

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« Cette lutte se poursuit dès ce soir. » La majorité (55 %) recueillie en faveur de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, lors de la consultation tenue le 26 juin en Loire-Atlantique, n’a pas entamé la détermination des opposants, qui appellent à une mobilisation massive sur le site les 9 et 10 juillet.

Car cet arbitrage biaisé, présenté par François Hollande et Manuel Valls comme décisif, ne répond à aucune des questions posées par les opposants, toutes légitimes et d’intérêt général : pourquoi s’acharner à raser 2 000 hectares de bocage riche en biodiversité plutôt que de mettre à niveau l’aéroport existant, au sud de Nantes – et ce à coût moindre ? Évaporé, l’engagement du Grenelle de ne plus construire d’équipements climaticides ? Bidons, les trémolos de la COP 21 sur le rôle phare de la France dans la bataille contre le CO2 ?

Il aurait suffi que le gouvernement daigne se pencher honnêtement sur les travaux de contre-expertise produits par ces citoyens. Ceux-ci ne demandent nullement l’abandon de l’aviation civile, mais que les pouvoirs publics défendent simplement l’utilité publique. Plutôt que de satisfaire les desiderata d’édiles locaux arc-boutés sur leur projet obsolète de grand aéroport, qu’ils prennent en compte le meilleur usage des deniers publics, la considération due au débat citoyen, la nécessaire préservation des terres agricoles et de la nature, et l’ambition de laisser à nos enfants un monde plus vivable.

Manuel Valls s’imagine peut-être que le tour de passe-passe du 26 juin a le pouvoir de dissoudre de tels enjeux. Il annonce l’évacuation de la zone et le démarrage des travaux pour l’automne prochain. Bonne chance, monsieur le Premier ministre.


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