« Crue », de Philippe Forest : La vérité en eau trouble
Dans « Crue », Philippe Forest met en scène une gigantesque inondation qui serait la métaphore de la disparition du monde. Démoniaque et magistral.
Article paru
dans l’hebdo N° 1416 Acheter ce numéro
dans l’hebdo N° 1416 Acheter ce numéro

De livre en livre, Philippe Forest construit un univers cohérent, qui s’enracine, depuis son premier roman, L’Enfant éternel (1997), dans un événement tragique : la mort de sa petite fille de 4 ans. Dans Crue, qu’il fait paraître aujourd’hui, son narrateur, dénué de nom, a lui aussi perdu une fille du même âge. Mais Philippe Forest n’est pas dans le ressassement, plutôt dans un jeu d’échos, qui n’exclut pas l’ironie. Ainsi, lui qui a écrit deux livres directement sur la disparition de sa fille, fait dire ceci à son narrateur : « Chacun peut imaginer l’intensité d’une pareille peine sans qu’on lui en fasse le récit. Et, en même temps, on ne s’en fait une idée juste qu’à la condition d’être soi-même passé par une telle épreuve. De sorte que tout ce que je pourrais en dire se révélerait vain. »
Dans un esprit similaire, Philippe Forest fait un clin d’œil à son
Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !
Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :
Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
Temps de lecture : 5 minutes
Pour aller plus loin…
Littérature • 23 juillet 2026
abonné·es
« SecondeMain », ces éclatants objets du désir
Dans ce premier roman au style exploratoire, Grégoire Sourice met en scène la poésie mais aussi les conséquences de l’obsession matérialiste contemporaine.
Par Lola Dubois-Carmes
BD • 9 juillet 2026
abonné·es
« L’Écoute », grandir dans la surdité
Un petit garçon parisien, Victor, devient sourd du jour au lendemain et se renferme sur lui-même. Dans sa nouvelle bande dessinée, Aleksi Cavaillez transmet à travers une fiction son expérience de la surdité.
Par Marius Jouanny
Littérature • 26 juin 2026
abonné·es
« Toute la misère du monde », les rouages de l’accueil des migrants
Isabelle Mayault met en scène une mère de famille, assesseure à la Cour nationale du droit d’asile.
Par Lola Dubois-Carmes
BD • 4 juin 2026
abonné·es
« Aliocha disparu » : disparaître, mode d’emploi
Un frère et une sœur se retrouvent un an après la mort de leur père. Le lendemain, l’un d’eux s’évanouit dans la nature. Loin des récits de deuils attendus, Léopold Prudon signe à 33 ans une bande dessinée ambitieuse sur les souvenirs enfouis et le désir de disparaître.
Par Marius Jouanny
Best of
Les plus lus
1
Marié·es par amitié : la nouvelle désobéissance intime
2
Droits des femmes : « Ce qui semblait impensable hier devient possible »
3
Rima Hassan : quand « Franc-Tireur » réécrit l’histoire
4
Visé par des accusations de violences sexuelles, Gérard Darmon est choisi pour présider le festival de cinéma de La Ciotat