Transitions solidaires

En Seine-et-Marne, un ancien céréalier passé au maraîchage biologique tente d’imaginer des coopérations nouvelles pour rompre l’isolement des néopaysans et accompagner les reconversions.

Erwan Manac'h  • 24 août 2016 abonné·es
Transitions solidaires
© Erwan Manac’h

Les blés s’étendent à perte de vue sur les plaines bosselées du sud-est de la Seine-et-Marne. Mais dans cet épicentre de l’agriculture intensive, où les aides européennes de la politique agricole commune (PAC) pleuvent autant que les pesticides, poussent aussi des solutions. Depuis une quinzaine d’années, la ferme de Toussacq avance en éclaireur sur une route aujourd’hui capable d’attirer massivement les agriculteurs. Après sa conversion en agriculture biologique, le pari gagnant du circuit court et la création d’une « couveuse » pour accompagner les futurs agriculteurs, elle se lance désormais dans un projet coopératif novateur.

Tout commence en 2000 à la suite d’un déclic. Jean-Louis Colas, exploitant de 135 hectares de cultures et d’élevage de la ferme de Toussacq, vient d’ouvrir un gîte sur sa ferme familiale de bord de Seine, qui lui vaut la visite de nombreux citadins. « J’étais atterré de découvrir leurs habitudes alimentaires ! Ils avaient complètement perdu le sens des bons produits, que nous avions conservé, nous, en tant que paysans », se souvient-il. Cette découverte achève de le convaincre d’engager une conversion et de tirer un trait sur les revenus confortables de son activité céréalière. « J’ai réalisé l’impasse dans laquelle nous étions dans les années 1980, lorsque les industriels se sont mis à s’approprier les semences qui restaient jusqu’alors entre les mains des agriculteurs. Cela devenait insupportable, soupire-t-il, dans la fraîcheur de la maison de pierre qu’il a retapée pour accueillir des visiteurs. Et puis, progressivement, je me suis réintéressé à la fonction alimentaire de l’agriculture, que nous avions perdue de vue. »

Deux ans plus tard, avec la baisse des

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Écologie
Temps de lecture : 9 minutes

Pour aller plus loin…

Indonésie : à Bangka, l’extraction de l’étain, noir tribut payé à nos écrans
Reportage 25 juin 2026 abonné·es

Indonésie : à Bangka, l’extraction de l’étain, noir tribut payé à nos écrans

Dans l’archipel indonésien, des travailleurs extraient l’étain dans des conditions extrêmement dangereuses. Indispensable à la fabrication des smartphones et des ordinateurs, le précieux métal s’arrache au prix de vies humaines et d’un désastre écologique.
Par Pierre Terraz et Paul Boyer
« Une improvisation la plus totale » : à Tours, la jeunesse face à l’impréparation climatique
Reportage 22 juin 2026

« Une improvisation la plus totale » : à Tours, la jeunesse face à l’impréparation climatique

Face à la multiplication et l’allongement de ces pics de chaleur, le retard pris dans l’adaptation aux phénomènes climatiques extrêmes est criant. Pour les plus jeunes, pourtant vulnérables, la vie est ralentie mais ne peut pas s’arrêter.
Par Martin Eteve
Magali Reghezza-Zitt : « L’inaction climatique revient à faire du tri entre les individus »
Entretien 22 juin 2026 abonné·es

Magali Reghezza-Zitt : « L’inaction climatique revient à faire du tri entre les individus »

La géographe montre dans son livre Bienvenue en 2055 qu’un monde neutre en carbone n’est pas une utopie et serait bénéfique à notre vie quotidienne. Toujours en s’appuyant sur des faits scientifiques et en pointant subtilement les défaillances des politiques publiques.
Par Vanina Delmas
« Refuser de se positionner publiquement, c’est se ranger du côté des pires destructeurs du vivant »
Luttes environnementales 29 mai 2026

« Refuser de se positionner publiquement, c’est se ranger du côté des pires destructeurs du vivant »

La militante écologiste Lucie Pinson, fondatrice de l’ONG Reclaim Finance et Prix Goldman pour l’environnement en 2020, lutte auprès des milieux financiers pour les forcer à abandonner les investissements polluants. Pour elle, « il n’y a pas de fatalité, on décide aujourd’hui du monde de demain ».
Par Martin Eteve