Catalogne : la guerre des nerfs
Après la grande manifestation de dimanche, les partisans de l’indépendance affirment leur détermination. Nous vous proposons ici une version longue de l’article paru dans le dernier Politis (N° 1419).
dans l’hebdo N° 1419 Acheter ce numéro

La Catalogne, c’est une vieille histoire. Carles Puigdemont ne manque pas de le rappeler à ses hôtes. Il est le 130ème président du gouvernement de Catalogne, la « Généralité » - la Generalitat, en Catalan -, héritier républicain d’une lignée qui remonte au 14e siècle. Et depuis janvier dernier, le nouvel élu siège dans le superbe palais de la place Sant Jaume de Barcelone, un bâtiment de style gothique qui date de la fin du Moyen-Âge. Ici, les rappels historiques ne sont jamais fortuits. Ils enracinent la revendication d’indépendance dans une très ancienne tradition. « La Généralité est antérieure à la constitution espagnole », souligne, l’air de rien, Carles Puigdemont. Car voilà la grande affaire : le conflit avec Madrid. En recevant des journalistes français (1), le président du gouvernement autonome entend bien faire passer le message de l’autre côté des Pyrénées. « Nous sommes déterminés, dit-il, à tout faire pour parvenir à l’indépendance, parce qu’il n’y a plus d’autre alternative ». « Tout faire » ? Pas vraiment, car Carles Puigdemont exclut un quelconque recours à la violence. Les Catalans se veulent « pacifiques » et « légalistes ».
Mais, si le Président de la Généralité privilégie le scénario d’une séparation négociée avec Madrid, il n’écarte pas une deuxième hypothèse, celle d’une rupture unilatérale, infiniment plus problématique. Car Madrid ne cesse d’invoquer la constitution espagnole pour contrer la moindre velléité d’indépendance. La