Montebourg et Hamon, meilleurs ennemis à la primaire du PS

Réunis en université d’été à La Rochelle, les frondeurs peinent à s'entendre sur un candidat commun. Les deux anciens ministres de François Hollande, surtout, semblent déterminés à se mesurer face aux électeurs.

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Arnaud Montebourg, pourchassé par des nuées de micros et de caméras ; Benoît Hamon, provoquant une standing ovation dans la salle. Au terme de ce deuxième et dernier jour de l’université d’été du courant À gauche pour gagner, il n’y avait plus guère de suspense sur le tour que prendra la primaire du PS, en janvier prochain. Pour croiser le fer contre François Hollande, les candidats représentant l’aile gauche s’appelleront Benoît Hamon et/ou Arnaud Montebourg. Les deux autres impétrants, Marie-Noëlle Lienemann et Gérard Filoche, n’ont, sans surprise, pas réussi à s’imposer. La sénatrice a eu beau enthousiasmer la salle par ses propositions radicales – une « loi anti-pantouflage » ou la « ratification référendaire » de tout nouveau traité européen – et l’ancien inspecteur du travail défendre avec verve une augmentation des salaires à 1 800 euros, l’appel à l’unité était plus fort dans cette gauche frondeuse, fatiguée de la guerre des égos et pressée d’en découdre.

« Soupe primitive »

Dès lors, la question se pose : faut-il partir unis dès le premier tour ? Présenter un seul candidat serait « plus simple », estime, comme beaucoup d’autres, le député de Paris, Pascal Cherki. Mais alors, faut-il faire une primaire avant la primaire pour le désigner ? Christian Paul, le chef des frondeurs, compte sur la « sélection naturelle » pour faire le travail. Laurent Baumel, directeur de campagne d’Arnaud Montebourg, file lui aussi la métaphore darwinienne :

Aujourd’hui, c’est la soupe primitive. Mais le choix va se faire tout seul, vous verrez. C’est le mieux placé qui gagnera sa place au premier tour, or la campagne va être très rapide, on n’a pas le temps de créer de la notoriété.

Manière de dire que c’est le candidat des médias qui remportera la mise. Et cela tombe bien puisqu’autant Benoît Hamon, ancien président du Mouvement des Jeunes Socialistes et animateur de longue date de l’aile gauche, a pour lui de solides soutiens chez les troupes militantes, autant le chantre du « Made in France » bénéficie d’une popularité bien supérieure auprès du grand public... Quand les montebourgeois ont donc tout intérêt à minimiser les divergences – « on n’est pas à un congrès du PS », estime Baumel –, les hamonistes, eux, n’hésitent pas à grossir le trait pour légitimer leur champion. « La croissance, ce n’est pas un petit sujet », envoie ainsi, de la tribune, l’ancien ministre (éphémère) de l’Education nationale à l’attention son ex-collègue du redressement productif assis en élève sage dans le public. Histoire de rappeler à celui qui trouve que « la croissance n’est pas un vilain mot » que lui la considère comme une « anomalie écologique ». Et que quand Arnaud Montebourg « approuve » la « réduction du temps de travail » mais à… 35 heures, Benoît Hamon, lui, est pour les 32 heures hebdomadaires et le revenu universel.

Alors certes, l’ancien défenseur des gaz de schiste a mis pas mal de vert dans son programme – il rappelle à qui veut l’entendre qu’il est le dirigeant d’une startup d’éoliennes, une « passion personnelle ». Mais le rassemblement dès le premier tour reste une éventualité peu probable. « La rupture est consommée entre les deux camps, il y a trop de détestation mutuelle », croit savoir un militant qui avait fait la campagne d’Arnaud Montebourg à la primaire de 2011. « L’unité de façade » ne suffira pas « pour gagner la primaire et aller avec force vers une stratégie présidentielle, a déclaré Christian Paul, en conclusion des journées d’été. Le rassemblement ne doit pas être seulement un simple arrangement ». La phrase a résonné comme un avertissement.


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