Pour une politique migratoire digne
Alors que le ministre de l’Intérieur et des Calaisiens prônent le démantèlement de la jungle à Calais, la maire de Paris ouvre un camp dans la capitale en partenariat avec l’État.
dans l’hebdo N° 1418 Acheter ce numéro

Une chaîne humaine de 400 personnes, entre le stade et le port de Calais, pour réclamer le démantèlement de la jungle. Des commerçants, des agriculteurs, des industriels et des artisans répondant au « Grand Rassemblement du Calaisis », le 5 septembre, faisaient étrangement écho aux propos tenus trois jours plus tôt par le ministre de l’Intérieur. À Calais, le 2 septembre, Bernard Cazeneuve a en effet rappelé la volonté de l’État de démanteler la « jungle » le « plus rapidement possible ». Il a eu beau ajouter avec « méthode » et « maîtrise », et ne pas fixer d’échéance, ces déclarations sonnaient davantage comme une porte ouverte aux Calaisiens en colère qu’aux migrants en détresse.
Dans la nuit du 5 au 6 septembre, un bâtiment devant accueillir des migrants à Forges-les-Bains (Essonne) a été incendié après une discussion houleuse avec une centaine d’opposants. Au matin, à Paris, Anne Hidalgo, maire de Paris, a annoncé l’ouverture d’un camp de réfugiés dans la capitale. Fruit d’un accord avec l’État, il pourrait « fluidifier les flux » sur le territoire. En tout cas limiter l’installation de campements dans les rues. Un premier pas pour sortir de l’impasse ? Quelles seraient les alternatives à la politique migratoire actuelle ?
« Élaborer une politique d’accueil coordonnée en Europe »Sandrine Rousseau, Porte-parole EELV
Construire des camps respectant les normes internationales, comme celui qui va ouvrir à Paris, est une absolue nécessité humanitaire. Nombre de rapports d’ONG attestent que la situation en France est pire que celle observée dans les camps de réfugiés en zone de guerre. Il faut ôter l’idée aux gens qu’en traitant dignement les migrants, ils arriveront encore plus nombreux. De même, il faut supprimer le tabou autour de ceux qui veulent s’insérer en France. Ces camps humanitaires sont primordiaux pour informer les réfugiés de leurs droits, les orienter, mais aussi contrôler les passeurs et limiter le racket. C’est ce qui s’est passé à