Sécurité : « Il faut repenser le travail de la réinsertion »
Pour être réellement efficace, la lutte antiterroriste doit combiner le répressif et l’éducatif, explique Laurence Blisson, du Syndicat de la magistrature.
dans l’hebdo N° 1421 Acheter ce numéro

Comment mieux se protéger contre le terrorisme ? Laurence Blisson estime que la réponse sécuritaire a des effets pervers et qu’il faut mettre en œuvre de nouveaux moyens de lutte contre le terrorisme.
On entend beaucoup, à gauche, des critiques contre la réponse sécuritaire au terrorisme, mais peu de réflexions sur la manière dont on pourrait améliorer réellement la sécurité. Pourquoi, selon vous ?
Laurence Blisson : La difficulté, c’est qu’on a trop souvent tendance à poser la question de la lutte contre le terrorisme en termes de législation. On se focalise sur les pouvoirs de la police et les peines encourues, comme si c’était la répression qui allait faire cesser un phénomène criminel. Or, ce qu’on sait dans d’autres domaines, c’est que la réponse pénale est nécessaire, mais qu’elle n’est pas, et de loin, la seule manière de lutter contre des actes criminels : ce n’est pas parce qu’on accentuera la répression contre le viol et le meurtre qu’on les fera disparaître.
C’est tout le problème de la fuite en avant des