Syrie : Une trêve incertaine

Les armes se sont tues, lundi à 19 heures. Mais les précédentes trêves avaient surtout permis au régime de reconquérir du terrain.

Politis  • 14 septembre 2016
Partager :
Syrie : Une trêve incertaine
© Photo : Yang Zhen / NurPhoto / AFP

La trêve, dite de « la dernière chance », était globalement respectée, mardi en Syrie. Les armes se sont tues, lundi à 19 heures, juste après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu qui résulte de l’accord entre Moscou et Washington. La Russie a annoncé avoir dépêché des militaires sur la route du Castello, un axe vital pour acheminer de l’aide humanitaire dans les quartiers rebelles d’Alep, la grande ville du nord. On ignorait si l’armée syrienne s’était retirée de la zone. Malgré cela, le scepticisme prévalait toujours dans les rangs des rebelles qui tiennent des positions à Alep, à Idlib, un peu plus au sud, et dans la province de Homs. Les précédentes trêves avaient surtout permis au régime, aidé par l’aviation russe, de reconquérir du terrain.

Si l’organisation État islamique (Daech) est évidemment exclue du cessez-le-feu, et si les bombardements de la coalition se poursuivaient, surtout à l’est de la Syrie, la situation n’était pas claire quant au sort réservé au Front Fateh al-Cham (ex-Al-Nosra).

Cette organisation jihadiste, elle aussi exclue de l’accord, fait partie intégrante de la rébellion. Or, le secrétaire d’État américain, John Kerry, a affirmé que le régime devrait s’abstenir de mener des raids « dans toutes les zones où se trouve l’opposition ». Une contradiction qui peut légitimer à tout instant une rupture de la trêve. Mais la principale interrogation porte évidemment sur la suite. La trêve, qui doit théoriquement s’appliquer jusqu’au 18 septembre, devrait être suivie d’une reprise de la négociation sous l’égide de l’ONU. Moscou et Washington se retrouveront alors face à leur désaccord. Moscou continuant pour l’instant à soutenir le régime de Damas. Après cinq ans et demi de guerre civile et plus de 300 000 morts.

Monde
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Au Caire, le silence devient un privilège de classe
Reportage 28 août 2026 abonné·es

Au Caire, le silence devient un privilège de classe

Dans la mégalopole où le bruit fait partie de l’identité collective, les plus riches achètent désormais ce que la ville offre de plus rare : du calme.
Par Rémi Guyot
Le cercle des poètes de Gaza
Reportage 21 juillet 2026 abonné·es

Le cercle des poètes de Gaza

Ils ont entre 18 et 25 ans. À l’appel de l’Institut français de Gaza et de l’ONG Academic Solidarity with Palestine, une soixantaine de jeunes Gazaouis ont envoyé des poèmes et des vidéos en français pour dire la guerre, les absents ou encore l’avenir qu’ils tentent d’imaginer.
Par Alice Froussard
Prisonniers syriens en Israël : « Nous voulons savoir où sont nos enfants »
Reportage 17 juillet 2026 abonné·es

Prisonniers syriens en Israël : « Nous voulons savoir où sont nos enfants »

Quarante-sept Syriens seraient aujourd’hui détenus dans des prisons israéliennes. Dans les villages du sud de la Syrie, les familles tentent de localiser un fils, un mari ou un père dont elles sont sans nouvelles depuis parfois plusieurs mois.
Par Pauline Vacher et Charles Cuau
« Les centres de détention libyens sont, par définition, des camps de concentration »
Entretien 10 juillet 2026 abonné·es

« Les centres de détention libyens sont, par définition, des camps de concentration »

David Yambio, fondateur de Refugees in Libya se dit « hanté » par le silence des Européens après que les députés européens ont adopté le règlement « Retour ». Il explique qu’en Libye, les politiques de l’Union européenne retiennent des milliers de personnes prisonnières et les condamnent à mort.
Par Pauline Migevant