Grèce : À l’hôtel de la bonne étoile
À Athènes, des associations ont réquisitionné le City Plaza, un établissement désaffecté, pour accueillir des réfugiés.
dans l’hebdo N° 1424 Acheter ce numéro

« Si, pour l’État, c’est légal qu’un enfant dorme sur le tarmac du port du Pirée et illégal qu’il dorme au chaud dans un hôtel “squatté”, alors on préfère l’illégalité. » À l’hôtel Plaza, une bâtisse abandonnée en plein centre d’Athènes depuis sept ans et squattée depuis presque six mois, ils sont plusieurs à partager cet avis. Mais ils ont été plus loin dans leur indignation : ils ont agi. Les images des familles abandonnées à elles-mêmes dans les salles d’attente du port du Pirée, sans commodités ni intimité, les enfants jouant au bord de l’autoroute devant l’ancien aéroport Hellinikon, avec ses salles nauséabondes, et les humiliations quotidiennes infligées aux réfugiés les ont poussés à franchir la ligne rouge de ce qu’autorise la loi. « On ne squatte pas vraiment, précise non sans rire Giannis Androulidakis, l’une des têtes pensantes de cet exploit, on réquisitionne. On fait ce que devrait faire l’État et qu’il ne fait pas. »
Plus de 400 personnes vivent là, dont 150 enfants et de nombreux nouveau-nés. Des