« Le cancer est une maladie du mode de vie »
Alors qu’octobre rose, campagne pour sensibiliser au cancer du sein, a démarré, André Cicolella lance l’alerte sur une épidémie mondiale négligée, qui tue autant que le sida.
dans l’hebdo N° 1422 Acheter ce numéro

Le nombre de cancers du sein a doublé sur la planète au cours des deux dernières décennies, alerte André Cicolella [^1]. Dans une synthèse de l’état de la recherche sur le sujet, le chimiste et toxicologue qui a déjà lancé l’alerte sur les intoxications au perchloroéthylène et au bisphénol A invite à intégrer la santé environnementale dans les politiques de santé. On pourrait, selon lui, faire baisser de 95 % le nombre de cas en diminuant les facteurs liés à notre environnement : pesticides, cosmétiques, alimentation…
Pourquoi utilisez-vous le terme de pandémie à propos du cancer du sein ?
André Cicolella : Nous devons utiliser le terme d’épidémie, et même celui de pandémie : le cancer du sein est devenu la première cause de mortalité par cancer chez la femme dans le monde. Dans les pays développés comme dans les pays en voie de développement, mais ceux-ci dans une moindre mesure. Le cancer du sein touche 1,8 million de femmes dans le monde et est à l’origine de près de 500 000 décès par an. Ce sont des chiffres équivalents à ceux du sida. Le pays le plus touché au monde est la Belgique. Ce pays compte 22 fois plus de cas que le Bhoutan, pays le moins touché, et 10 fois plus de décès. En France, 1 femme sur 8 est touchée (50 000 cas et 12 000 décès),