L’Europe des profiteurs

L’embauche de José Manuel Barroso par Goldman Sachs jette une lumière crue sur le pantouflage des ex-commissaires européens, une pratique très répandue dans cette institution « pro-business ».

L’événement est inédit. Il témoigne d’un ras-le-bol du personnel de l’Union européenne face à la multiplication des révélations sur l’avidité et l’affairisme d’ex-commissaires. Mercredi 12 octobre, d’anciens fonctionnaires européens iront remettre à chaque président des trois institutions de l’Union européenne (la Commission, le Conseil et le Parlement) une pétition réclamant « des mesures fortes et exemplaires contre José Manuel Barroso pour avoir rejoint Goldman Sachs ». Lancée en juillet par « un collectif spontané d’employés des institutions européennes », quelques jours après l’annonce de l’embauche de l’ancien président de la Commission européenne par la pieuvre bancaire, cette pétition en sept langues a passé la barre des 150 000 signatures, fin septembre.

Si les initiateurs de la pétition, contraints à l’anonymat – leur fonction leur impose un devoir de réserve et de discrétion –, ne remettront pas eux-mêmes ces signatures à Jean-Claude Juncker, à Donald Tusk et à Martin Schulz, les anciens fonctionnaires qui s’en acquitteront à leur place seront bien leurs « porte-parole », nous assure un membre du collectif joint par téléphone. Il nous précise en outre qu’ils seront accompagnés par des représentants des principaux syndicats de fonctionnaires, marquant ainsi leur soutien, et celui de ceux qu’ils représentent, à la démarche. La remise, prévue en présence de la presse, devrait être toutefois très protocolaire en regard de celle qu’ont prévue de faire, le même jour, deux ONG, The Alliance for Lobbying Transparency and Ethics Regulation (Alter-EU) et Transparency International (EU Office), à l’initiative d’une pétition parallèle, « Barroso, ne vendons pas notre intérêt public à Goldman Sachs », signée par plus de 63 000 personnes.

Trois mois après son annonce, la reconversion bancaire de l’homme qui, dix ans durant, de 2004 à 2014, a incarné l’Union européenne ne passe décidément pas.

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