« Bienvenue » à Croisilles

Trente et un Soudanais évacués de Calais sont arrivés dans le seul centre d’accueil et d’orientation du Pas-de-Calais. Les habitants du village se divisent entre haine et bienveillance.

Ingrid Merckx  et  Vanina Delmas  • 2 novembre 2016 abonné·es
« Bienvenue » à Croisilles
© Photo : PHILIPPE HUGUEN/AFP

L’arrivée à Croisilles, une fin d’après-midi automnale, un peu avant la tombée de la nuit, est digne d’un livre d’images : ce village de 1 900 âmes, situé à une trentaine de kilomètres d’Arras, se niche au creux des champs, son clocher pointant vers un ciel blafard. Là se joue le deuxième épisode du démantèlement de la jungle de Calais. Ce 24 octobre, le bourg accueille 31 Soudanais évacués du bidonville calaisien. Là où un CRS avait soupiré : « Les migrants reviendront. Tôt pour ceux qui veulent passer en Angleterre, ou tard pour ceux qui auront voulu se mettre au chaud pour -l’hiver. L’enjeu sera la rencontre avec les habitants dans ces petits villages où on les expédie. »

Une heure après l’arrivée des réfugiés à Croisilles, un rassemblement houleux se tient devant la boulangerie, au pied de l’église. Trois bénévoles d’un certain âge, gilets du Secours catholique sur le dos, tentent de débattre avec des anti-migrants particulièrement agressifs. Beaucoup de jeunes parents disent craindre pour la sécurité de leurs enfants, car les réfugiés sont logés dans l’ancienne maison de retraite, à deux pas de l’école.

« Ce sont des violeurs et des

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Société
Temps de lecture : 7 minutes

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