« La Mort de Louis XIV » : Le corps désolé du roi

Albert Serra montre l’agonie de Louis XIV en adoptant un point de vue strictement matérialiste.

Un astre décline. Le Roi-Soleil achève sa vie dans le clair-obscur de sa chambre, qu’il ne quitte plus. La Mort de Louis XIV est un film d’agonie, mais on pourrait tout aussi bien dire un film d’apprentissage. Apprentissage de la mort qui vient, qui gagne. On ne sait plus ce qu’est une agonie, maintenant qu’on décède à l’hôpital et que la mort doit rester invisible.

Pour son cinquième long métrage, Albert Serra a choisi de filmer frontalement la fin d’un homme, dans son lit, durant ses dernières semaines. Pas n’importe quel homme. Un roi qui a dominé tout un siècle, le XVIIe, au cours d’un règne d’une longévité record. Qui a imprimé sa marque autoritaire sur une France de plus en plus centralisée, mais en proie à de multiples souffrances. Cependant, la dimension politique est tenue au seuil de ce huis clos. Louis XIV reste un personnage puissant et redouté. Les courtisans se rendent à son chevet et l’applaudissent lorsqu’il parvient à manger une bouchée. On se prosterne devant lui comme on a toujours fait à la cour.

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