Le Ponant met le cap sur les renouvelables
À l’heure de la COP 22, visite des îles de Molène, Ouessant et Sein, qui ambitionnent d’en finir avec leur dépendance aux énergies fossiles. Mais les obstacles sont nombreux.
dans l’hebdo N° 1427 Acheter ce numéro

Molène. Son air iodé, ses sauvetages en tempête, sa tradition de goémoniers… et sa centrale à fioul. L’extension de l’habitat a absorbé le petit bâtiment au cœur des ruelles aux murets de granit persillés d’hortensias. Le ronron des trois groupes électrogènes d’EDF est à peine audible. Discret et indispensable équipement : c’est l’unique source d’électricité des quelque deux cents habitants. Comme les deux autres îles du Ponant, Ouessant et Sein, Molène n’est pas raccordée au réseau national : l’installation d’un câble serait trop coûteuse. Alors les îles finistériennes brûlent du fioul comme au début des années 1970, lorsque le pétrole stagnait à deux dollars le baril. Sur les îles du Ponant, produire un kilowattheure (kWh) émet treize fois plus de CO2 qu’en moyenne en France (où le nucléaire fournit 75 % de l’électricité), « et à un coût supérieur de 40 % », précise Denis Bredin, directeur de l’Association des îles du Ponant (AIP). « Nous avons beaucoup de retard,reconnaît Denis Palluel, maire d’Ouessant et actuel président de l’AIP. Mais tout fonctionnait bien – les générateurs comme la péréquation tarifaire de solidarité nationale qui nous assure de payer le kilowattheure au même prix que partout en France. »
Le 6 septembre