Les Faucheurs de chaises font leur retour dans les banques

Vanina Delmas  • 2 novembre 2016
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Les Faucheurs de chaises font leur retour dans les banques
Première action du collectif des Faucheurs de chaises, mercredi 2 novembre, à Paris.
© Vanina Delmas

« Où t’es argent, où t’es ? C’est BNP qui l’a caché ! », ont chanté une soixantaine de Faucheurs de chaises mercredi matin, dans une banque BNP Paribas, place de la Bourse, à Paris. Le collectif connu pour ses « réquisitions citoyennes » des fauteuils des banques, reprend du service avec humour et originalité. Cette fois-ci ils innovent en apportant eux-mêmes leurs chaises pour « faire le siège » symbolique des banques. Les militants accompagnés d’une fanfare se sont installés au milieu de l’agence, pour faire passer leurs idées : combattre l’évasion fiscale et réclamer la transition écologique et sociale.

« Ce ne sont pas les Faucheurs de chaises qu’il faut juger, c’est l’évasion fiscale en bande organisée. Ce procès à la David contre Goliath oppose les agissements frauduleux d’une banque au geste symbolique de militants qui ont voulu dénoncer l’injustice sociale qu’est l’évasion fiscale. Nous appelons les militants à faire le siège de la BNP Paribas partout, dès maintenant, et lors d’une journée unitaire d’action les 9 et 10 décembre », a lancé Jessica Zeganadin, d’Action Non-Violente COP21.

Une campagne d’actions de deux mois se prépare partout en France pour les quatre associations engagées – Les amis de la Terre, Action non-violente COP21, Bizi ! et Attac – jusqu’au 9 janvier 2017, date du procès du militant Jon Palais, à Dax. Poursuivi pour vol en réunion, il sera défendu par Eva Joly et Caroline Joly, et plusieurs témoins de renom seront cités à comparaître : Antoine Peillon, journaliste spécialiste de l’évasion fiscale et auteur du livre Ces 600 milliards qui manquent à la France (Le Seuil), Claude Alphandéry, ancien résistant, banquier, économiste français, et Vincent Drezet, ancien secrétaire général du syndicat Solidaires Finances Publiques. Mais leur but, c’est d’impliquer la société civile lors d’un grand meeting à l’extérieur du tribunal pour faire le procès de l’évasion fiscale.

Extrait de leur communiqué de presse commun :

Nous revendiquons la fin de l’impunité fiscale. Cela nécessite de renforcer chacun des maillons de la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale, notamment :

  • renforcer les moyens humains, juridiques et matériels de l’administration fiscale ;
  • faire sauter le « verrou de Bercy » en supprimant le monopole de Bercy en matière d’ouverture de poursuites pénales : chaque année, seuls 2 % des infractions fiscales sont transmises à la justice, un ratio à faire pâlir d’envie tous les autres délinquants ;
  • renforcer les effectifs et les moyens de la police fiscale et du parquet financier ;
  • ouvrir l’éventail des peines pour les fraudeurs fiscaux et ceux qui les aident (comptables, avocats, banquiers, commissaires aux comptes…) ;
  • interdire le pantouflage, c’est-à-dire les allers-retours entre le monde de la finance et de la politique (comme l’illustre le cas de José-Manuel Barroso, l’ancien président de la Commission européenne recruté par Goldman Sachs, un recrutement validé par le comité d’éthique de la Commission).
Économie
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