Délit d’entrave à l’IVG : la « liberté d’expression » a bon dos
La proposition de loi concernant la pénalisation des sites de désinformation sur l’avortement a été adoptée par l’Assemblée nationale. Un débat houleux à coups de culpabilité catholique et de défense de la liberté d’expression.

Qui montrera qu’il se soucie le plus du droit des femmes ? Qui citera le mieux (ou le plus) Simone Veil ? Qui défendra le mieux le droit à la liberté d’expression ? Jeudi 1er décembre, toutes ces questions apparaissaient en filigrane dans tous les propos des députés à propos du texte de loi visant à étendre le délit d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) aux sites Internet, accusés de désinformation.
Ce délit d’entrave n’est pas une nouveauté. Créé en 1993, il vise à faire cesser les actions des « commandos » anti-avortement qui s’enchaînaient aux grilles d’entrée des centres de santé. Puis, en 2014, il est étendu à l’accès à l’avortement car ces militants avaient changé de méthode : ils distribuaient des tracts à l’intérieur même des hôpitaux. Cette fois, il s’agit de s’adapter au militantisme 2.0 en surveillant les multiples sites Internet comme Ivg.net ou AfterBaiz, feintant d’informer les jeunes filles confrontées à la question de l’avortement.
Un argument uniqueDans un hémicycle très clairsemé, les députés de l’opposition ont joué leur rôle en déposant 76 amendements au projet de loi. Mais cette opposition était surtout représentée par l’aile conservatrice de la droite. Jacques Bompard, maire d’Orange et opposant historique à l’avortement, en a déposé une bonne cinquantaine à lui tout seul (tous rejetés), monopolisant le micro
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