Délit d’entrave à l’IVG : la « liberté d’expression » a bon dos

La proposition de loi concernant la pénalisation des sites de désinformation sur l’avortement a été adoptée par l’Assemblée nationale. Un débat houleux à coups de culpabilité catholique et de défense de la liberté d’expression.

Vanina Delmas  • 1 décembre 2016 abonné·es
Délit d’entrave à l’IVG : la « liberté d’expression » a bon dos
© Photo : JACQUES DEMARTHON / AFP.

Qui montrera qu’il se soucie le plus du droit des femmes ? Qui citera le mieux (ou le plus) Simone Veil ? Qui défendra le mieux le droit à la liberté d’expression ? Jeudi 1er décembre, toutes ces questions apparaissaient en filigrane dans tous les propos des députés à propos du texte de loi visant à étendre le délit d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) aux sites Internet, accusés de désinformation.

Ce délit d’entrave n’est pas une nouveauté. Créé en 1993, il vise à faire cesser les actions des « commandos » anti-avortement qui s’enchaînaient aux grilles d’entrée des centres de santé. Puis, en 2014, il est étendu à l’accès à l’avortement car ces militants avaient changé de méthode : ils distribuaient des tracts à l’intérieur même des hôpitaux. Cette fois, il s’agit de s’adapter au militantisme 2.0 en surveillant les multiples sites Internet comme Ivg.net ou AfterBaiz, feintant d’informer les jeunes filles confrontées à la question de l’avortement.

Un argument unique

Dans un hémicycle très clairsemé, les députés de l’opposition ont joué leur rôle en déposant 76 amendements au projet de loi. Mais cette opposition était surtout représentée par l’aile conservatrice de la droite. Jacques Bompard, maire d’Orange et opposant historique à l’avortement, en a déposé une bonne cinquantaine à lui tout seul (tous rejetés), monopolisant le micro

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 5 minutes

Pour aller plus loin…

À Saint-Avold, les gilets jaunes reprennent le rond-point
Reportage • 14 octobre 2026 abonné·es

À Saint-Avold, les gilets jaunes reprennent le rond-point

Depuis les premiers jours de la mobilisation lycéenne, une date est très attendue : celle du retour annoncé des gilets jaunes le 17 octobre. Une journée d’action lancée début septembre sur les réseaux sociaux pour protester notamment contre l’augmentation du prix de l’essence et du coût de la vie.
Par Céline Martelet
Mouvement lycéen : des aînés « fiers » et « admiratifs »
Luttes • 14 octobre 2026

Mouvement lycéen : des aînés « fiers » et « admiratifs »

Les lycéen·nes trouvent aussi du soutien parmi les militant·es engagé·es de longue date dans diverses luttes, qui accompagnent ce combat de la jeunesse avec un espoir renouvelé.
Par Kamélia Ouaïssa
Derrière les lycéen·nes, « la daronnerie est en colère »
Analyse • 14 octobre 2026 abonné·es

Derrière les lycéen·nes, « la daronnerie est en colère »

Depuis bientôt un mois, les lycéen·nes qui luttent pour leur avenir mènent un mouvement social de grande ampleur pour exiger notamment de meilleures conditions d’apprentissage. Dans leur sillage, et face à la répression qu’ils et elles subissent, des parents se mobilisent à leurs côtés. Certains sont organisés en collectif.
Par Pauline Migevant et Kamélia Ouaïssa
Maintien de l’ordre : 100 000 signatures et des années d’alertes contre les armes mutilantes
Violences • 13 octobre 2026

Maintien de l’ordre : 100 000 signatures et des années d’alertes contre les armes mutilantes

Après plusieurs mutilations de lycéens, une pétition réclame l’interdiction de plusieurs armes et techniques policières lors des manifestations lycéennes. Une demande loin d’être récente malgré des avertissements répétés, jusqu’aux Nations unies.
Par Maxime Sirvins