Les mille images de la guerre en Syrie
L’abondance d’images mises en ligne, en particulier avec la chute d’Alep, fait du conflit syrien l’un des plus documentés. Mais certains crient pourtant à la manipulation, parfois à raison.
dans l’hebdo N° 1433-1434 Acheter ce numéro

Que s’est-il passé à Alep ? Peut-on faire confiance aux très nombreux habitants, militants, rebelles ou pro-gouvernementaux, qui inondent les réseaux sociaux de photos et de vidéos, souvent tournées avec de simples téléphones portables ? Comment faire le tri parmi cette multitude d’images ? Quel statut ont-elles ? Quelle fiabilité ?
Toutes les guerres sont l’objet de propagande, de chaque côté des belligérants. Mais la particularité de la guerre en Syrie est sans doute, et paradoxalement, cette abondance d’images, alors que photographes et reporters y sont très peu présents. Une guerre bien réelle sur le terrain, avec son lot d’horreurs et de massacres, qui se double d’un versant médiatique redoutable. Chaque jour, photos, vidéos et témoignages enregistrés sont mis en ligne, principalement sur les réseaux sociaux, sans qu’il soit toujours aisé de vérifier leur authenticité, l’origine des documents, leurs auteurs, etc.
Très récemment, une vidéo, partagée et vue par des centaines de milliers d’internautes, a particulièrement retenu l’attention, et fait l’objet de controverses. Il s’agit d’une interview de quelques minutes d’une « journaliste indépendante », Eva Bartlett, présentée comme « démontant la rhétorique des médias traditionnels sur la Syrie », avec un logo des Nations unies derrière elle. Diffusée en plusieurs langues par la nouvelle chaîne de télévision