Israël-Palestine : Une conférence pour le symbole

Les soixante-dix gouvernements et organisations réunis n’ont fait que réitérer leur engagement en faveur d’une solution à deux États, mais on est resté là.

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L’issue de la conférence sur le conflit israélo-­palestinien qui s’est tenue le 15 janvier à Paris représente tout au plus un mince succès symbolique pour les Palestiniens. Les soixante-dix gouvernements et organisations réunis n’ont fait que réitérer leur engagement en faveur d’une solution à deux États, et exhorter les deux parties « à s’abstenir d’actions unilatérales qui préjugeraient du résultat de la négociation, notamment sur les frontières ou sur Jérusalem ». Des mots qui visent évidemment un gouvernement israélien grand promoteur de colonies en territoires palestiniens.

Mais on est resté là. Aucune mesure coercitive n’accompagne l’avertissement. Et il n’y a aucune raison de penser que le gouvernement de ­Benyamin Netanyahou se pliera aux exigences d’une conférence à laquelle il a refusé de participer, arguant que « seules des discussions directes » avec les Palestiniens peuvent mener à une solution. Mais il ne peut y avoir de ­« négociations directes », tant que se poursuit la colonisation et alors que le gouvernement israélien exige la reconnaissance d’Israël comme « État juif », au mépris des ­Palestiniens de nationalité israélienne, qui représentent 20 % de la population.

Cette conférence a eu au moins l’avantage de prendre date avant l’arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump, qui menace de transférer l’ambassade américaine à Jérusalem. Ce qui serait en rupture totale avec toutes les résolutions internationales. La conférence a également pris date par rapport à la situation sur le terrain. La colonisation a atteint un seuil critique au-delà duquel la solution à deux États deviendra impraticable. On entrerait alors dans une nouvelle ère à très haut risque, avec une situation d’apartheid à la sud-africaine. Dernière ombre au tableau : la Grande-Bretagne, sûrement pour ménager ses futurs rapports avec Washington, a refusé de signer un communiqué final pourtant bien timide.


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