Les lumières de l’asile

Anna, de Pascale Martineau, oscille entre drame et merveilleux.

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« Quand papa m’a laissée avec le docteur et qu’il est parti, j’ai compris qu’il reviendrait pas. Alors je l’ai pas attendu. Jamais. J’ai décidé. » Anna, c’est l’histoire d’une gamine abandonnée par son père dans un hôpital psychiatrique. Mais là où l’auteur et comédienne, Pascale Martineau, aurait pu se noyer dans une tragédie de complaisance, elle bâtit son récit dans l’espérance et entraîne, sans artifices, le spectateur vers les lumières de l’humanité. Dans la gestuelle, les silences, le langage des corps, véritables éléments de la partition théâtrale selon elle, transpire aussi la maîtrise des arts circassiens, que la comédienne a longtemps pratiqués. Et qu’elle mêle à la force des mots portés par cette petite fille au cœur d’un scénario perché sur un fil. Sorte de funambulisme qui oscille entre le drame et le merveilleux.

Créée en 2002, jouée au Guichet Montparnasse, à Paris, et à l’affiche du Festival off d’Avignon en 2003, Anna a repris la route cet été. C’est l’une des toutes premières créations de Pascale Martineau. Suivront Moi pour toi, Et maintenant ? ou encore Le Compte de nos silences (Théâtre du Possible). Formée au Cours Simon, elle est passée par les ateliers de John Berry ou les stages d’Igor Zolotovitsky et de Serguei Zemtsov (Théâtre d’art de Moscou). De Daniel Danis à Stefan Zweig, Dario Fo, Ettore Scola ou Mirbeau, la palette est large pour la comédienne qui reprend cette fois ses habits d’auteur-metteur en scène sur ses thèmes de prédilection : l’isolement, l’exclusion, la solitude, la condition féminine. Avec en fil rouge le temps qui passe, qui bonifie, construit, peaufine.

Un monologue poignant d’une heure et quart, accompagné par Gabriel Levasseur, comédien, musicien et compositeur, qui déroule sa partition improvisée à l’accordéon sur le texte de Pascale Martineau.

Anna, Pascale Martineau, par la compagnie À Corps & Cris, le 21 janvier, à 20 h 30, Le Minotaure (3e Volume), Vendôme (41).


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