Les premières décisions de Donald Trump contre le climat et la nature

Les pages d’information sur ces questions ont disparu du site de la Maison Blanche ! Mais, à la surprise générale, le Sénat a approuvé la nomination d’une haut fonctionnaire de l’administration Obama à la tête du ministère de l’Environnement

Claude-Marie Vadrot  • 23 janvier 2017
Partager :
Les premières décisions de Donald Trump contre le climat et la nature
© Andrew Harrer / DPA

C’est à 11 h 59, une minute avant la prise de pouvoir par Donald Trump, que les pages consacrées aux problèmes du climat et de l’énergie ont disparu du site officiel de la Maison Blanche. Le signe, avec quelques autres, que le nouveau président veut vraiment changer radicalement la politique de son pays dans ces domaines. Quelques minutes avant leur disparition, toutes les informations disponibles ont été recopiées et téléchargées par des milliers de scientifiques et d’universitaires. Le mouvement de sauvegarde des rapports et avertissements des universités et des centre de recherches dans les domaines de la nature, du climat et de l’environnement, mouvement initié lors de l’élection s’est poursuivi et accéléré pendant tout le week-end grâce à la mobilisation des centres de données d’une cinquantaine d’universités américaines et étrangères.

Les seules information sur ces questions se trouvent désormais sous le titre « America first Energy Plan » et détaillent toute les raisons pour lesquels Donald Trump voue aux gémonies le Plan climatique, au niveau des États-unis et au niveau mondial, comme les projets climatiques du président Barak Obama. Et sur le site de la Maison Blanche ne comporte plus aucune mention sur le climat.

Toute mention du climat ayant disparue du site de la Maison Blanche, on n’y trouve plus que le projet d’élimination du Plan Obama de participer aux efforts mondiaux et aux décisions de la COP 21. Ainsi que la volonté du nouveau président d’annuler le Plan d’action pour le climat des USA et le Plan pour la protection des eaux du pays. Avec comme justification le fait que ces annulations allaient faire gagner 20 dollars par an à chacun des citoyens américains.

On peut également lire dans cette profession de foi présidentielle que toutes les mesures environnementales du précédent président se seraient traduites par des milliers de disparitions d’emplois. La limitation des pouvoirs suivie de la disparition éventuelle de l’Agence fédérale pour la protection de l’environnement (EPA) y est, elle, officiellement annoncée.

De nombreux scientifiques, liés ou non au GIEC, ont été discrètement prévenus que leurs crédits seraient réduits ou supprimés s’ils contrevenaient à la politique officielle. Des fondations et des universités ont fait l’objet des mêmes pressions, souvent relayées par les administrations d’une vingtaine d’États. Notamment ceux qui ont soutenu une procédure judiciaire contre les décisions du président Obama devant la Cour d’appel de Washington.

La nouvelle administration présidentielle a fait savoir dans la journée de dimanche que toutes les questions environnementales, de protection de la faune et la gestion des parcs nationaux allaient être progressivement mais rapidement confiées à la gestion des 50 États américains. Et le Président a fait savoir aux grandes associations de protection de la nature (Sierra Club, Fonds pour les ressources naturelles, Audubon…) et aux fondations qui les soutiennent financièrement, qu’il refusait de les recevoir. Et que la nouvelle orientation politique était à prendre ou à laisser.

Cette affirmation a été remise en cause lundi avec la bénédiction surprise du Sénat pour la nomination à la tête de l’EPA de Lisa Perez Jackson qui a occupé ces fonctions pendant plusieurs années sous l’administration d’Obama… Ce qui promet de provoquer rapidement des conflits.

Monde
Temps de lecture : 3 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Iran : du bazar de Téhéran aux provinces, une colère populaire sous haute surveillance
Analyse 8 janvier 2026

Iran : du bazar de Téhéran aux provinces, une colère populaire sous haute surveillance

Partie du cœur économique du pays, la contestation iranienne s’étend aux provinces, sur fond d’effondrement économique et de répression. Entre stratégies de division du pouvoir et débats sur l’issue politique du mouvement, les lectures des spécialistes restent contrastées sur un soulèvement à l’avenir incertain.
Par William Jean
Bande de Gaza : l’école à tout prix
Reportage 7 janvier 2026 abonné·es

Bande de Gaza : l’école à tout prix

Dans l’enclave palestinienne, les enfants retournent progressivement en classe depuis la signature du fragile cessez-le-feu, le 10 octobre dernier. Les leçons se tiennent dans des établissements où vivent encore des déplacés, ou sous des tentes fragiles plantées au cœur des dizaines de camps du territoire.
Par Céline Martelet et Shrouq Aila
« Donald Trump donne un permis général pour un Far West global »
Entretien 5 janvier 2026 libéré

« Donald Trump donne un permis général pour un Far West global »

Directeur de recherches à l’Iris et spécialiste de l’Amérique latine, Christophe Ventura dresse un panorama des rapports de force à Caracas, alors que le président vénézuélien Maduro, kidnappé par les États-Unis dans la nuit du vendredi 2 janvier, a été présenté devant la justice américaine.
Par Olivier Doubre et Pierre Jacquemain
À Mayotte, la police aux frontières expulse la mère d’un enfant en soins palliatifs
Reportage 15 décembre 2025 abonné·es

À Mayotte, la police aux frontières expulse la mère d’un enfant en soins palliatifs

Placé en soins palliatifs pour une hépatite A fulminante, N. a failli mourir seul. La raison : la police aux frontières de Mayotte avait choisi ce moment pour expulser sa mère Fatima, d’origine comorienne.
Par Christophe Decroix