Primaire du PS : Le second tour opposera Benoît Hamon à Manuel Valls

Michel Soudais  • 22 janvier 2017
Partager :
Primaire du PS : Le second tour opposera Benoît Hamon à Manuel Valls
© Photo : JOEL SAGET / AFP

Benoît Hamon et Manuel Valls se sont qualifiés pour le second tour de la primaire élargie du PS, a annoncé Thomas Clay, président de la Haute autorité de cette primaire, vers 20h40, en se fondant sur des résultats partiels portant sur 3 090 bureaux de vote, soit un peu plus d’un tiers d’entre eux.

Dans ces bureaux, le député de Trappes, 49 ans, figure de l’aile gauche du PS, arrivait en tête du premier tour (35,2 %) devant l’ancien Premier ministre, 54 ans (31,6 %), selon M. Clay qui s’exprimait depuis le siège du Parti socialiste à Paris. Arnaud Montebourg est, comme en 2011, troisième (18,7 %), devant Vincent Peillon (6,5%). Les trois candidats, non membres du PS, sont loin derrière : François de Rugy (3,49 %), Sylvia Pinel (2,1 %), Jean-Luc Bennahmias (1,6 %).

Montebourg apporte son soutien à Hamon

Arnaud Montebourg, le premier à s’exprimer, a appelé sans ambiguïté à voter pour Benoît Hamon au second tour, dans une brève allocution à son QG de campagne parisien. L’ancien ministre de l’Economie, pour lequel les électeurs de la primaire ont « condamné le quinquennat » de François Hollande et voulu que la gauche « retrouve son cours naturel », a évoqué les combats menés ensemble avec l’ex-ministre de l’Education nationale. Et il a adressé un « message » à ses partisans : « Je voterai Benoît Hamon et je vous invite à faire de même. »

Pour sa part, Sylvia Pinel, la candidate du Parti radical de gauche (PRG), éliminée au premier tour de la primaire socialiste élargie, a annoncé qu’elle apporterait son soutien à Manuel Valls, « le plus proche » de ses « convictions ». « Je proposerai demain matin au bureau national du Parti radical de gauche de soutenir Manuel Valls, le plus proche de mes convictions », a-t-elle déclaré.

Dimanche soir, Vincent Peillon, qui dans cette primaire était celui qui après Manuel Valls défendait le plus le bilan de François Hollande, s’est contenté d’appeler les électeurs à se mobiliser dimanche prochain, sans choisir entre les deux finalistes. L’ancien ministre de l’Education estime, contrairement à la direction du PS, notamment Jean-Christophe Cambadélis, que la participation au premier tour « a été moyenne ». Contrairement aux premières affirmations de Thomas Clay qui la situait près de 2 millions, elle semblait à 23h être tout juste légèrement supérieure à 1,5 millions.

François de Rugy a quant à lui proposé aux deux finalistes, Benoît Hamon et Manuel Valls, « de les rencontrer dès demain », lundi, avant de donner une éventuelle consigne de vote. Le député de Loire-Atlantique s’est dit déterminé à « continuer dans les semaines et mois à venir » à porter la voix « du progrès par l’écologie ».

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Corse : journée des dupes à l’Assemblée
Parti pris 26 juin 2026

Corse : journée des dupes à l’Assemblée

L’Assemblée nationale a adopté le projet de loi constitutionnelle pour une Corse autonome au sein de la République. Il s’agissait, nous dit-on, de trancher sur une seule question : autonomie ou pas autonome ? Cette manière de présenter le problème est un leurre.
Par Roger Martelli
« Il n’a pas d’autre choix que de se saisir du sujet » : après le meurtre de Lyhanna, le gouvernement sommé d’agir
Analyse 23 juin 2026 abonné·es

« Il n’a pas d’autre choix que de se saisir du sujet » : après le meurtre de Lyhanna, le gouvernement sommé d’agir

Pour sortir de la crise, Sébastien Lecornu compte bien se nourrir d’une loi intégrale portée, depuis des mois, par plusieurs associations féministes, puis par une coalition transpartisane. Récupération ou prise de conscience ? Ses défenseurs veulent que le gouvernement passe des paroles aux actes.
Par Lucas Sarafian
« On ne gagne pas une élection présidentielle seulement sur les questions internationales »
Entretien 16 juin 2026 abonné·es

« On ne gagne pas une élection présidentielle seulement sur les questions internationales »

L’engagement de certains candidats sur les crises internationales peut-il devenir un atout électoral en 2027 ? Chercheur en science politique, Élie Michel décrypte les limites du poids de l’international dans la présidentielle à venir.
Par William Jean
La résilience, boussole pour le monde à venir
Inégalités 12 juin 2026 abonné·es

La résilience, boussole pour le monde à venir

Alors que les crises sociales, démocratiques et écologiques nourrissent partout le sentiment d’impuissance, des résistances citoyennes dessinent d’autres possibles. Cécile Duflot plaide pour faire de la résilience collective une force politique capable de combattre les inégalités, défendre l’État de droit et redonner espoir face aux replis nationalistes et aux logiques de renoncement.
Par Cécile Duflot