Trump contre l’Europe

Le milliardaire président a affirmé que le Royaume-Uni avait eu « bien raison » de quitter une Union européenne selon lui dominée par l’Allemagne.

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


Deux jours avant son investiture, Donald Trump a dessiné à très gros traits les contours de sa politique étrangère : guerre commerciale à la Chine et à l’Europe, rapprochement avec le Royaume-Uni. Le tout décliné à sa façon, c’est-à-dire sans ménagements. Dans un entretien au journal allemand Bild et au Times britannique, le milliardaire président a affirmé que le Royaume-Uni avait eu « bien raison » de quitter une Union européenne selon lui dominée par l’Allemagne. Il a également jugé l’Otan « obsolète ». Ce qui est bien vrai, au moins depuis la disparition de l’URSS. L’ennui, c’est que tout cela repose sur de mauvaises raisons. En particulier sur la guerre aux migrants. 

Mais les propos de Donald Trump ont trouvé un écho très favorable au Royaume-Uni, où Theresa May exposait, mardi, sa stratégie post-Brexit. Et la Première ministre n’a pas fait dans la demi-mesure : retrait du marché unique, de l’union douanière européenne et de la Cour européenne de justice. Et, là encore, avec pour principale justification la lutte contre l’immigration. Cap donc vers l’Amérique de Donald Trump. Ce pourrait être l’occasion pour l’Europe de se refonder. Il faudrait pour cela une réorientation sociale et fiscale. On n’en prend pas le chemin. Quant à la réaction de François Hollande sur « l’obsolescence » de l’Otan, elle est surprenante. Le Président français en redemande : « Elle ne sera obsolète, a-t-il objecté, que lorsque les menaces le seront devenues aussi. » Question : aux yeux de François Hollande, quelles menaces justifient aujourd’hui encore une alliance militaire transatlantique ?


Haut de page

Voir aussi

Articles récents