Txetx : « Nous n’allons pas en rester là ! »
La société civile a engagé le processus de paix au Pays basque que réfute le gouvernement, estime Txetx, militant pacifiste.
dans l’hebdo N° 1435 Acheter ce numéro

Retour triomphal de Jean-Noël Etcheverry à Bayonne le 21 décembre. Txetx a été accueilli à la gare par des centaines de personnes, dont des élus de tous bords : LR, UDI, PS, EELV, EH Bai (coalition de partis basques). Après quatre jours de garde à vue, le militant pacifiste basque a été remis en liberté sous contrôle judiciaire par le juge antiterroriste de Paris, tout comme Mixel Berhocoirigoin, Michel Bergouignan, Béatrice Molle-Haran et Stéphane Etchegaray. Ils avaient organisé dans le village basque de Louhossoa une opération, interrompue par l’intervention de la police, destinée à démanteler une partie de l’arsenal d’ETA. Une mission qui avait été confiée aux militants par l’organisation indépendantiste basque, laquelle a renoncé à la lutte armée en 2011 [^1]. Le but de ce coup d’éclat, massivement soutenu par la société civile locale : mettre au pied du mur le gouvernement, qui depuis cinq ans n’a jamais désiré enclencher le processus de pacification au Pays basque.
Votre tentative de neutralisation d’armes du groupe ETA a soudain fait remonter à la surface un dossier qu’on pensait archivé…
Txetx : Il est beaucoup plus facile de faire naître un conflit armé que de le résorber : le vieil adage se confirme aussi au Pays basque. Quand ETA a déposé les armes, en 2011, l’espoir était grand ici. Une nouvelle page allait enfin pouvoir s’écrire, pensions-nous, après 81 ans d’affrontements violents et de morts. Car le conflit ne remonte pas aux années 1960, avec le début de la lutte armée menée par ETA, mais au coup d’État fasciste de Franco, en 1936, qui s’accompagne de l’écrasement du gouvernement autonome basque de l’époque, avec des milliers