Bure : les occupants sont toujours là !

Dans le village de la Meuse, les opposants à la construction de la poubelle nucléaire sont de plus en plus nombreux, alors qu’une ordonnance d’expulsion pourrait être délivrée le 22 février.

Patrick Piro  • 8 février 2017
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Bure : les occupants sont toujours là !
© Patrick Piro. Vestiges du mur de béton de l'Andra mis à bas par les opposants à la poubelle nucléaire de Bure

Mercredi 8 février, audience au tribunal de grande instance (TGI) de Bar-le-Duc : on y examinait la demande d’expulsion du bois Lejuc de Sven Lindström, l’un des militants anti-poubelle nucléaire. Cette parcelle du village de Mandres-en-Barrois (Meuse) est convoitée par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) pour y installer une partie des équipements du gigantesque centre de stockage de déchets nucléaires Cigéo en préfiguration à Bure, village voisin. Les militants ont une première fois investi le bois au printemps 2016, avant d’être délogés par une opération policière musclée début juillet dernier. Mais la justice ayant statué que les premières opérations de déboisement menées par l’Andra étaient illégales, les opposants sont revenus encore plus nombreux.

À lire aussi : « Bure : la résistance s’installe »

On a bien cru au lancement d’une nouvelle opération de « nettoyage » hier dans le bois : alors que l’audience était en cours, des gendarmes mobiles sont intervenus pour dégager deux des entrées du bois et démonter une « barricade agricole » dressée trois kilomètres plus loin le long d’une parcelle de l’Andra cultivée en blé par les opposants.

Coup de pression, stratégie de la tension, intimidation dénoncent-ils, alors que la semaine précédente, déjà, des échauffourées (avec blessures) avaient eu lieu avec des vigiles de l’Andra tentant, en vain, d’ouvrir le passage à des engins de travaux venus dans le bois pour un prétendu déblayage de déchets de l’entreprise.

Le TGI a renvoyé son délibéré au 22 février. Au cas où il déclarerait l’expulsion, la mesure pourrait s’appliquer immédiatement à Sven Lindström, qui s’en est déclaré « habitant », ainsi qu’à tous ses « proches » dans la même situation — plusieurs dizaines de personnes. Sur place, on se prépare depuis longtemps à l’éventualité d’une nouvelle intervention des gendarmes mobiles. Circonstance favorable du calendrier : la Maison de la résistance de Bure appelle depuis des semaines à quatre journées de mobilisation sur place à partir du 14 février, avec une grande manifestation de clôture le samedi 18 février.

Écologie
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