Les fleurs fanées des Bosquets

L’histoire de ce quartier emblématique, à Montfermeil, entre enquête et témoignages d’habitants et de connaisseurs.

Sept barres de 10 étages et 13 immeubles de 4 étages, 1 534 logements dont 123 HLM. La copropriété des Bosquets, à Montfermeil, en Seine-Saint-Denis, accueille ses premiers habitants en 1965. Elle est l’œuvre de Bernard Zehrfuss, un rival de Le Corbusier, créateur de grands ensembles et boulimique de béton. Avec ses logements spacieux, ses pelouses, ses fleurs et une vraie mixité sociale et ethnique, les Bosquets est un endroit où il fait bon vivre jusqu’aux années 1980, notamment pour les familles, dont certaines arrivent des bidonvilles de Nanterre. Gérée de façon désastreuse par des groupes étrangers et des bailleurs spéculateurs, la copropriété se détériore. Mauvais entretien, coupures d’eau et de chauffage, pannes d’ascenseurs… La classe moyenne prend le large. Les familles immigrées pauvres passent de 50 % à 80 % : des Cambodgiens, des Turcs, des Haïtiens et des Pakistanais rejoignent les Maghrébins restés sur place. L’État préempte plus de 500 logements, mais, en 1986, la droite arrive au pouvoir et suspend ces rachats. Dans le même temps, la ville, sous gestion communiste depuis les années 1950, bascule aux mains du villiériste Pierre Bernard, qui renforce l’isolement de ce qui est désormais transformé en ghetto. Le maire défraie la chronique en fichant les enfants de parents en situation irrégulière et en leur interdisant l’école.

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