Neil Young marche encore

Peace Trail est le disque d’un chanteur toujours actif, qui suit son chemin.

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Neil Young le dit volontiers – il en a même écrit une chanson qui figure sur ce nouvel album : il ne peut pas s’empêcher de travailler. « C’est bon pour l’âme mais mauvais pour le corps », ajoute-t-il. Pas forcément en ce qui le concerne, pas non plus pour sa voix, qui reste étonnamment pure et claire. Effectivement, les disques s’enchaînent depuis quelque temps à rythme soutenu. Ce n’est pas le plus important. L’important est qu’ils soient toujours inspirés, pertinents, on pourrait même dire utiles. Parce qu’ils sont en prise avec le monde d’aujourd’hui et peuvent éveiller les consciences sur un certain nombre de sujets.

Peace Trail ne déroge pas à la règle, avec plusieurs chansons engagées. À commencer par « Indian Giver », qui lie la question indienne à celle de l’environnement, à travers un soutien à l’opposition à la construction d’un pipeline qui devrait traverser les terres sacrées indiennes de Standing Rock dans le Dakota et, qui plus est, menacerait de polluer les eaux du Missouri. Neil Young ne s’est d’ailleurs pas contenté d’écrire cette chanson, il a également payé de sa personne en allant manifester sur place et a demandé à Obama d’intervenir en faveur des opposants arrêtés.

Au vu des thèmes abordés ici, les dégâts causés à la planète et aux populations par la logique du profit, la paranoïa à laquelle est en proie une partie de la population face aux attentats et, surtout, une peur irrationnelle de l’autre, le titre du disque (« Le chemin de la paix ») pourrait paraître inapproprié. Mais Neil Young revendique cet optimiste volontaire. « Le monde est plein de changements/Et parfois tous ces changements me rendent triste/Mais je continue à planter des graines/Jusqu’à ce que quelque chose de nouveau grandisse. »

L’atmosphère générale du disque est plutôt paisible, la voix douce mais résolue, soutenue par une batterie à la frappe sèche aux mains du vétéran Jim Keltner. Pourtant, la colère n’est jamais loin et surgit régulièrement dans ces giclées d’harmonica jetées brut comme des crachats.

Pas de grandes chevauchées électriques en tout cas ici. Rien à voir non plus avec ces parenthèses célèbres qu’ont été « Harvest » ou « Harvest Moon ». Dans une absolue simplicité que symbolisent d’ailleurs la pochette et les notes griffonnées à la va-vite, l’album suit le rythme régulier et ferme d’un marcheur qui deviserait sur le monde et sur lui-même.

Peace Trail, Neil Young, WEA


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