Police : une exception française ?

Dialogue rompu avec les citoyens, politique du chiffre, brutalités et contrôles au faciès… Par rapport à ses voisins européens, la France compte clairement parmi les mauvais élèves.

Vanina Delmas  • 22 février 2017 abonné·es
Police : une exception française ?
© Photo : MUSTAFA YALCIN/ANADOLU AGENCY/AFP

En deux ans, les forces de l’ordre françaises se sont souvent retrouvées sur le devant de la scène. Les images d’accolades entre policiers et citoyens après les attentats de janvier 2015 avaient redoré tous les matricules, du préfet de police aux CRS en passant par les membres du GIGN et du Raid. Une gratitude unanime éphémère avec l’accumulation des preuves de la frénésie sécuritaire en France : la mort de Rémi Fraisse par une grenade, la relaxe des policiers mis en cause dans le décès de Zyed et de Bouna en 2005, les répressions policières envers les migrants ou lors des manifestations contre la loi travail, la mort d’Adama Traoré pendant son interpellation… Puis l’attaque à coups de cocktails Molotov de deux voitures de police à Viry-Châtillon (Essonne), en octobre dernier, a déclenché un vaste mouvement de colère chez les policiers et des manifestations nocturnes jusque devant le palais de l’Élysée.

Le mal-être moral des fonctionnaires depuis la mise en place de l’état d’urgence s’est ajouté à un manque de moyens matériels et humains. Le gouvernement a cédé. D’abord un cadeau financier : 250 millions d’euros débloqués par Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’Intérieur. Puis une réponse législative : le projet de loi sur la sécurité publique. Voté à la quasi-unanimité le 16 février, ce texte assouplit les règles de légitime défense pour les policiers,

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Société Police / Justice
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