Royal hors la loi contre l’oie cendrée

La ministre de l’Écologie vient d’autoriser la chasse aux oies cendrées dix jours au-delà de la date de sa fermeture officielle.

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Les politiques sont de drôles d’oiseaux. Alors que ce nid à courants d’air qu’est devenu l’Élysée, abandonné de toutes parts, vit une fin de règne pénible, certains, au gouvernement, persistent à donner des gages aux lobbys, sans savoir exactement pour quelle visée électoraliste. Qu’à cela ne tienne, c’est une seconde nature chez eux, un peu comme le canard à qui on a coupé la tête et qui continue de courir… Prenons Ségolène Royal. La ministre de l’Écologie vient d’autoriser la chasse aux oies cendrées dix jours au-delà de la date de sa fermeture officielle, le 31 janvier. Ce n’est pas une première. Même si, auparavant, les décideurs politiques se faisaient couper les ailes. Ainsi, le décret que prit Nathalie Kosciusko-Morizet en 2012 fut retoqué par le Conseil d’État. Mais Mme Royal est finaude. Pour empêcher toute verbalisation jusqu’au 10 février, elle fera, auprès des préfets, des recommandations... orales ! Ou comment tuer l’oie en contournant la loi.

D’autant que la ministre ne peut se targuer d’être davantage respectueuse des recommandations de l’Europe. Questionnant le commissaire européen à l’Environnement, en 2015, Ségolène Royal s’était vu répondre que tout plaidait pour « ne pas prolonger la chasse de cette espèce en France au-delà du 31 janvier, date à laquelle [celle-ci] a déjà entamé sa migration prénuptiale ». L’argument des pro-chasseurs ? Il serait nécessaire d’amplifier le ball-trap parce que ces affreuses bestioles détérioreraient des cultures plus au nord, aux Pays-Bas. Faux, répond le gérant néerlandais de l’entreprise en charge de faire disparaître, en les gazant (!), les oies indélicates – qui, elles, sont sédentaires : « Prolonger la chasse prénuptiale en France n’aura aucune influence sur les dégâts aux Pays-Bas », dit-il dans un rapport publié par le ministère de l’Écologie en 2009. Et d’ajouter que cela « risque tout au plus d’accélérer la diminution de la part relative des oies cendrées qui migrent encore vers l’Espagne ».

Face à cette réalité, Ségolène Royal fait l’autruche. Ou bien est-elle désormais aveuglée par un poussin de l’année, qui obtient d’elle toutes les protections à l’exclusion des autres volatiles. Une créature planante bien plus précieuse que l’oie cendrée : le Macron doré.


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