Dossier : Quand les politiques réécrivent l'histoire

« Congo-Océan » : un train mangeur d’hommes

510 kilomètres de chantier décidé par la France causent, entre 1921 et 1934, la mort de 17 000 personnes.

« Un effroyable consommateur de vies humaines ». Ce sont les mots qu’emploie André Gide dans Voyage au Congo (1927) pour qualifier la construction de la ligne de chemin de fer dans la colonie française, censée relier Brazzaville à Pointe-Noire. Les 510 kilomètres de ce chantier décidé par la France causent, entre 1921 et 1934, la mort de 17 000 personnes.

Le but est de rompre la dépendance avec le Congo belge voisin, pour permettre un passage direct vers la métropole. Il y a des trésors à piller dans cette région de l’Afrique équatoriale française (AEF) : coton du Tchad, bois du Gabon, oléagineux, cuivre, zinc et plomb du Congo.

Le « Congo-Océan » est confié à la Société de construction des ­Batignolles (SCB), déjà en charge des chemins de fer de Bône à Guelma, en Algérie, et de Dakar à Saint-Louis, au Sénégal. Pour la main-d’œuvre, la SCB oblige tous les hommes valides habitant sur le tracé du chemin de fer à travailler. La région étant sous-peuplée, l’entreprise est amenée à payer des milices locales pour capturer les futurs ouvriers, les plus jeunes au lasso, dans tout l’AEF.

En 2013, le Conseil représentatif des associations noires (Cran) porte plainte contre l’État français et la Spie-Batignolles pour « crime contre l’humanité ». Il demande aussi des réparations matérielles, comme la construction d’écoles et d’hôpitaux, que François Hollande a par la suite refusées.

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