Évasion fiscale : le casse permanent

Un an après les révélations d’un consortium de médias, les banques et les multinationales font toujours échapper des centaines de milliards d’euros des États où elles sont imposables.

Patrick Piro  • 29 mars 2017 abonné·es
Évasion fiscale : le casse permanent
© photo : CHRISTOPHE ARCHAMBAULT/AFP

Le dernier rapport d’Oxfam laisse pantois. L’ONG britannique révélait lundi dernier que les vingt plus importantes banques européennes généraient 26 % de leurs profits dans des paradis fiscaux [1]. Un vrai modèle économique ! Grâce à des montages financiers et des sociétés écrans, elles déplacent une partie de leur chiffre d’affaires dans les îles Caïmans, aux Bahamas, au Luxembourg, etc., où l’imposition est très faible, voire nulle. En 2015, les sommes échappant au fisc des pays où ces banques sont réellement actives totalisaient 25 milliards d’euros. Leurs filiales des paradis fiscaux sont deux fois plus rentables qu’ailleurs, et avec des effectifs salariés réduits.

Oxfam décerne le pompon à la Barclays : au Luxembourg, son bureau affiche 13 millions d’euros de bénéfices avec un seul employé – 348 fois plus rentable que la moyenne ! Certaines filiales des vingt banques européennes sont même dépourvues d’employés et cumulaient cependant 628 millions d’euros de profits en 2015. La BNP Paribas occupe le premier rang du palmarès : aux îles Caïmans, sa coquille vide génère 134 millions de bénéfices. La Société générale n’est pas en reste, qui dégage 22 % de ses profits dans les paradis fiscaux, où ne sont employés que 4 % de ses effectifs. En Irlande, ses bénéfices y sont quatre fois supérieurs au chiffre d’affaires déclaré ! En 2012, Frédéric Oudéa, alors PDG, affirmait devant le Sénat que la

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Économie
Temps de lecture : 8 minutes

Pour aller plus loin…

Devant le Medef, dans le bourbier des droites, les gauches s’épargnent
Économie • 27 août 2026

Devant le Medef, dans le bourbier des droites, les gauches s’épargnent

Invités par le Medef, Raphaël Glucksmann, Jean-Luc Mélenchon et Marine Tondelier ont débattu face à Gabriel Attal, Marine Le Pen, Édouard Philippe et Bruno Retailleau sur la dette, la fiscalité ou les salaires. Ils ont tenté de remporter quelques points sur des sujets chers aux libéraux.
Par Lucas Sarafian
Rentrée du Medef : un « paradis » patronal sans travailleurs
Récit • 27 août 2026 abonné·es

Rentrée du Medef : un « paradis » patronal sans travailleurs

Si le lobby patronal a tenté, ces dernières semaines, de faire entendre que les salarié·es sont aussi les « partenaires » des patrons, ses adhérent·es ont eu droit, sans surprise, à un show contre l’État social lors de « La REF », son événement de rentrée à Roland-Garros. Récit.
Par Céline Martelet
« La transition écologique n’a pas lieu car elle est piégée dans la logique du capitalisme »
Entretien • 3 juillet 2026

« La transition écologique n’a pas lieu car elle est piégée dans la logique du capitalisme »

Timothée Parrique, économiste spécialiste de la décroissance, appelle à ralentir l’économie, à repenser notre rapport à la croissance pour enfin enclencher la transition écologique tant attendue.
Par Vanina Delmas
Congrès syndicaux : quelles priorités pour le monde du travail ?
Luttes • 3 juin 2026

Congrès syndicaux : quelles priorités pour le monde du travail ?

Les congrès des principales centrales ont lieu en ce moment. Pouvoir d’achat, retraites, assurance chômage : tour d’horizon des sujets de préoccupations.
Par Céline Martelet, Alix Garcia et Juliette Heinzlef