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« HK » ne veut pas lâcher l’affaire

De tous les combats de la sphère altermondialiste, passionné par les mots, HK met en chansons ses révoltes et ses espoirs dans un nouvel album, L’Empire de papier. Rencontre.

C’est un air qu’on fredonne sans vraiment savoir d’où il vient. Une séquence du JT dans laquelle des ouvriers chantaient avec détermination « On lâche rien » devant leur usine sur le point d’être délocalisée. C’est un souvenir de manifestation qui a l’insouciance des années lycée, l’odeur des amphis de fac ou le goût des gaz lacrymogène. Dans l’ombre de cette chanson devenue l’hymne des luttes sociales, il y a la voix chaleureuse et la plume incisive de HK. Kaddour Hadadi – le nom derrière ces deux lettres mystérieuses – s’installe sur la banquette d’un café parisien et commande deux cafés crème. « La machine à café est en panne », répond la patronne, confuse. « Ah ! Deux cafés alors ! réplique-t-il, un brin moqueur. C’est digne du sketch des croissants de Fernand Raynaud ! » Le ton de l’entretien sera enjoué, le rythme soutenu. Le débit s’accélère et les mains s’agitent lorsqu’il commence à aborder toutes les causes qui l’animent. Dans la sphère altermondialiste, tout le monde connaît HK, car il promène sa casquette et son keffieh dans toutes les mobilisations écologistes et sociales, ces « chants de bataille » : l’accueil des réfugiés, les sans-abri, les résistants de Notre-Dame-des-Landes, les Faucheurs de chaises, « les copains » de Florange, les Fralib, les Conti… D’ailleurs, voir Xavier Mathieu, le délégué CGT de ces derniers, arborer son tee-shirt « On lâche rien ! » sur tous les plateaux TV le fait toujours marrer. Quoi que fasse HK, cette chanson « coup de gueule » lui colle aux baskets. Pourtant, ces vers écrits sur le coin d’une table dans son HLM de Roubaix remontent à 2008, quand Nicolas Sarkozy se gaussait de tous ces travailleurs qui manifestaient leur colère. « Désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s’en aperçoit ! », lançait le nouveau président de la République devant les cadors de l’UMP hilares. « Il m’a énervé ! Des jours de grève, ce sont des centaines d’euros en moins et, quand on touche le Smic, ce n’est pas rien », clame HK avec la même rage qu’à l’époque. Lui parvient à vivre de sa musique, mais le tube « On lâche rien ! » ne l’a pas rendu millionnaire, car il l’a mis en téléchargement libre dès le début.

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