La gloire des obscurs

Dans un livre vibrant d’émotion, Edwy Plenel rend hommage au « Maitron », dictionnaire du mouvement ouvrier et social.

« Monument immense et infini, qui nous permet de revisiter le mouvement ouvrier » : ainsi se présente « le Maitron », selon Edwy Plenel, dans un ouvrage vibrant d’émotion, semblable à un voyage qui emprunterait les ruelles plutôt que les grandes artères. « Le Maitron » – comme on dit « le Littré » ou « le Larousse » –, c’est ce dictionnaire biographique dirigé jusqu’à sa mort, en 1987, par l’historien Jean Maitron, et continué par les chercheurs Claude Pennetier et Paul Boulland. Une somme de soixante-seize tomes qui rend vies et justice à quelque 163 000 femmes et hommes, pour la plupart inconnus, qui, à force de résistances héroïques et souvent obscures, ont rendu le monde un peu moins injuste. En hommage à cette colossale œuvre collective, Plenel nous propose d’abord une réflexion sur la philosophie du « Maitron », « l’histoire qu’il raconte et l’histoire qu’il pratique » ; puis il nous présente une sélection « subjective et aléatoire » de notices. La méthode de Jean Maitron et de ses héritiers, Plenel la définit d’une jolie formule : ce dictionnaire, c’est « la victoire des vaincus », l’histoire « d’en bas », « le plus souvent oubliée ou effacée, méprisée ou déformée ». Un ouvrier verrier, une journalière, un instituteur, un compagnon charpentier, tous « séditieux » ou « émeutiers », se côtoient dans cet immense cortège. Certaines notices tiennent en quelques mots rescapés de l’oubli, mais qui suffisent à fertiliser l’imagination. Ce sont des vies « qui nous parlent » immédiatement.

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