« L’Autre Côté de l’espoir », d’Aki Kaurismäki : Un havre finlandais

Dans L’Autre Côté de l’espoir, Aki Kaurismäki prolonge à sa manière, non dénuée d’humour, son engagement en faveur des réfugiés.

L’Autre Côté de l’espoir : merveilleux titre pour un film qui oscille entre inquiétude et éclaircie quant à notre rapport aux réfugiés – celui des Occidentaux, ici les Finlandais. Aki Kaurismäki en avait déjà fait l’un des thèmes de son précédent opus, Le Havre (2011). Sa préoccupation s’est muée en un véritable engagement. Il a ces mots dans le dossier de presse : « L’Autre Côté de l’espoir est, je l’avoue volontiers, un film qui tend dans une certaine mesure et sans scrupule à influer sur l’opinion du spectateur et essaie de manipuler ses sentiments pour y parvenir. Cette tentative […] va naturellement échouer, mais il en reste, j’espère, un film intègre, un peu triste, porté par l’humour et un peu réaliste sur les destins de quelques hommes dans ce monde aujourd’hui. »

Même si c’est exprimé avec le sourire, les intentions du cinéaste sont claires et rejoignent ce que quelques-uns de ses confrères pratiquent au long de leur œuvre – on pense à un Guédiguian, par exemple. Aki Kaurismäki le fait sans rien céder au cinéma, et à sa manière – qui, on le sait, traite des affects de façon épurée, distanciée et toujours avec une dose de pince-sans-rire. Ici, l’action tourne autour d’un restaurant racheté par un homme, Wikström (Sakari Kuosmanen), qui vient de quitter sa femme, alcoolique, et l’activité dans laquelle il travaillait. Le cinéaste ne fait pas l’éloge d’une petite entreprise, mais d’un endroit plutôt miteux et improbable, où Wikström dispense une certaine humanité sans l’ombre d’une ostentation, sinon à son insu. Il a repris les trois membres du personnel au savoir-faire discutable, qu’il traite mieux que le propriétaire précédent.

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