Marine Le Pen affiche son amitié avec Vladimir Poutine (et vice-versa)

À un mois du scrutin, l’entrevue accordée par le président russe à la candidate de l’extrême droite s’apparente bel et bien à un coup de pouce électoral.

Michel Soudais  • 24 mars 2017
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Marine Le Pen affiche son amitié avec Vladimir Poutine (et vice-versa)
© Photo : Mikhail KLIMENTYEV / SPUTNIK / AFP

Marine Le Pen tient la photo après laquelle elle courait depuis quelques années. Reçue pour la première fois au Kremlin par Vladimir Poutine vendredi 24 mars, la chef de file de l’extrême droite a pris un café avec le président russe. Selon Ludovic de Danne, un conseiller de Mme Le Pen qui l’accompagnait, l’entretien a duré une heure et trente minutes. Ce déplacement de la candidate, qui n’avait pas été annoncé dans son agenda, est le quatrième de Mme Le Pen en Russie depuis 2013.

Lire aussi >> Marine Le Pen à Moscou : C’est qui maintenant les « moscoutaires » ?

Selon les agences de presse russes, Vladimir Poutine a tenu à assurer que « la Russie n’interfèrera pas dans l’élection ». « Nous ne voulons en aucun cas avoir de l’influence sur les événements à venir, mais nous nous réservons le droit de communiquer avec les représentants de toutes les forces politiques du pays, comme le font nos partenaires européens ou des États-Unis », a déclaré le président russe. Quoiqu’il s’en défende, cette rencontre surprise interfère bien dans l’élection.

D’abord parce qu’il est exceptionnel que Vladimir Poutine reçoive un candidat à une élection présidentielle à une date aussi rapprochée du scrutin.

Ensuite parce qu’en recevant la candidate du Front national à un mois du premier tour pour échanger sur la situation internationale et le terrorisme, et en laissant dire qu’elle « représente un spectre politique européen qui se développe assez rapidement », Vladimir Poutine lui permet de s’afficher aux côtés du chef d’État d’une grande puissance et de parfaire ainsi sa stature sur la scène internationale. Jusqu’ici, Marine Le Pen n’avait rencontré que le président libanais Michel Aoun, le 20 février, et celui du Tchad, Idriss Déby, le 21 mars. Le 12 janvier, elle avait été vue à New York, prenant un café dans la Trump Tower, mais n’avait pas rencontré le nouveau président des États-Unis.

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