Mélenchon dans les pas de Keynes

Keynes regrettait la séparation de l’économie et de l’éthique.

Le programme économique de Jean-Luc Mélenchon renvoie à l’ignorance le mantra libéral selon lequel toute dépense publique est une pure perte. Il réhabilite une conception dynamique de l’économie qui le met dans les pas de John Maynard Keynes : un milliard d’euros d’investissements publics n’est pas une simple dépense, il engendre de l’activité et des revenus qui permettent la consommation, assurent des recettes publiques nouvelles et un supplément d’épargne qui pourra entretenir l’investissement. C’est le principe du multiplicateur keynésien.

Ce multiplicateur est à la base de la pensée interventionniste et expansionniste des macroéconomies d’inspiration keynésienne. Cependant, Keynes prisait peu la technique économique et la mystification statistique. Elles reposent en effet sur l’existence de « lois économiques », comme la loi du multiplicateur, base de l’essentiel des modèles économétriques. Or, un des apports majeurs de Keynes est de rompre avec cette pensée mécanique et d’inscrire sa théorie dans un « incertain radical », au lieu de l’univers certain et rationnel des économistes néoclassiques. L’économie peut améliorer la connaissance de la société, elle ne peut proposer des lois. La bataille des chiffres relève de la cuisine des ministères.

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