Mélenchon : le peuple avant tout

Lors de son premier grand meeting parisien, le candidat de la France Insoumise est revenu aux fondements de la République, « chose du peuple ».

Pauline Graulle  • 18 mars 2017
Partager :
Mélenchon : le peuple avant tout
© Photo: BERTRAND GUAY / AFP

130 000 marcheurs selon les organisateurs. Mis à part un flanc nord-est assez clairsemé, la place de la République était pleine, ce samedi, pour le meeting parisien de Jean-Luc Mélenchon. Sous le ciel menaçant d’une froide après-midi, le leader de France insoumise a livré un discours grave, à la limite du grandiloquent, sur la République française.

Après avoir défilé, avec des dizaines de milliers d’Insoumis, au départ de la Place de la Bastille, où il avait, cinq ans plus tôt jour pour jour, donné le meeting qui avait lancé sa campagne réussie de 2012, Mélenchon est monté sur scène en lançant un « je savais que vous seriez là ».

Micro-cravate, et cheveux aux vents (mauvais), le candidat a déroulé pendant plus d’une heure sa vision « populiste de gauche » de la République : « Voici notre maxime : quel que soit le problème, la solution est le peuple. » Convaincu de la victoire à venir, il a assuré : « Nous sommes [la] revanche […], l’espérance intacte des jours meilleurs […] Sans nous, rien n’a de sens en France. » Les habituels « ré-sis-tance ! » scandés par le public ont résonné sur les murs de la République.

Une place dont Mélenchon a rappelé qu’elle a naguère été le lieu où a été proclamée la Ve République. Elle est aussi le lieu où la Ve est arrivée à son terme, avec les manifestations contre la loi El-Khomri imposée par cette « violence incroyable » du 49.3, ou les manifestations de Nuit debout.

« Ceci est une insurrection citoyenne contre la monarchie présidentielle » indissociable des « puissances de l’argent », a-t-il ajouté. Appelant à la « fraternité, l’amour, le soin des autres », il a fustigé les « parasites » de la finance et la « pire des forfaitures » : quand « Messieurs Sarkozy et Hollande ont donné sans aucune légitimité l’accord de la patrie pour une organisation de l’Union européenne qui confisque la souveraineté du peuple. »

Au programme, donc, abrogation des lois Macron et El Khomri, constituante et désobéissance en Europe. La Marseillaise puis L’Internationale ont été entonnées à capella tandis qu’un ciel chargé de nuages recouvrait la place.

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Municipales : à Limoges, chronique d’une défaite
Reportage 25 mars 2026 abonné·es

Municipales : à Limoges, chronique d’une défaite

À Limoges, la victoire a, pour la troisième fois d’affilée, échappé à la gauche lors du scrutin municipal. Une déception d’autant plus forte qu’insoumis, socialistes, écologistes et communistes s’étaient décidés à partir main dans la main pour ce second tour.
Par Alix Garcia
Marine Tondelier : « Ce n’est pas parce qu’on a subi des revers électoraux qu’on va baisser les bras »
Entretien 24 mars 2026 abonné·es

Marine Tondelier : « Ce n’est pas parce qu’on a subi des revers électoraux qu’on va baisser les bras »

De la vague verte des municipales de 2020 il ne reste que l’écume. Le second tour des municipales a été une douche froide pour Les Écologistes avec la perte des plus grandes villes, sauf Lyon, et peu de conquêtes. La secrétaire nationale du parti confie sa déception et fustige les divisions de la gauche, sans remettre en cause l’idée d’une primaire de la gauche hors LFI pour 2027. 
Par Vanina Delmas et Lucas Sarafian
Municipales : le grand flou à gauche
Analyse 24 mars 2026 abonné·es

Municipales : le grand flou à gauche

Socialistes, Écologistes, insoumis et communistes ont souvent perdu, parfois gagné des villes. Et un an avant la présidentielle, la guerre des gauches reprend de plus belle.
Par Lucas Sarafian
À Bobigny, « on vote aussi par logique de survie sociale »
Récit 24 mars 2026 abonné·es

À Bobigny, « on vote aussi par logique de survie sociale »

Dans la ville de Seine-Saint-Denis, le maire sortant de gauche, Abdel Sadi, conserve son fauteuil face à une alliance centriste. Une victoire serrée et marquée par de fortes polarisations où la défiance des habitant·es et les divisions locales restent des enjeux majeurs pour l’avenir de la ville.
Par Kamélia Ouaïssa