En cas de doute, votez François !

Question meeting, le pape sait y faire. Il a rassemblé 60 000 personnes place Saint-Pierre ce dimanche.

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U rbi et Orbi. Question meeting, en voilà un qui sait y faire. Sans avoir eu à coller une seule affiche dans les rues de Rome pour annoncer sa sauterie, Jorge Mario Bergoglio, surnommé François, a rassemblé 60 000 personnes place Saint-Pierre ce dimanche, selon la gendarmerie vaticane. Le pape surclasse également d’une autre façon nos candidats à la présidentielle : avec lui, le verbe se fait action. Il n’a pas besoin des sondages pour voir sa parole autoréalisatrice suivie d’effets. Quand tel concurrent proclame : « Je suis porté par une dynamique, je serai au second tour », cette prophétie ne fait que s’incarner en pourcentages grappillés dans les enquêtes d’opinion – toutes honnies soient-elles ! Mais lorsque François dit : « Dieu est notre seigneur », ce sont des millions de catholiques de par le monde qui en sont pénétrés. Pas de foi utile ni nécessaire, mais une foi de conviction. Fortiche, l’Argentin !

Quant au fond du discours délivré, on aimerait pouvoir l’entendre sur d’autres estrades, qui fleurent pourtant l’eau bénite. Interpellant ce Dieu omnipotent, il lui a demandé d’amener « la paix à tout le Moyen-Orient » et d’aider « tous ceux qui s’emploient activement à apporter soulagement et réconfort à la population civile en Syrie, victime d’une guerre qui ne cesse pas de semer horreur et mort ». Voilà un vœu qui ne connaît pas la préférence religieuse. Des chrétiens comme des musulmans, le pape se préoccupe uniformément. Eh ! François ! Non, l’autre, Fillon ! Cela ne te chatouille pas le goupillon une telle absence de communautarisme ? Et les grenouilles de bénitier de Sens commun que tu veux prendre dans ton gouvernement, pas trop effarouchées par Jorge-le-Rouge ?

Ce Bergoglio – un saint homme – a aussi rappelé que « le Christ ressuscité » se fait « compagnon de route de tous ceux qui sont contraints de laisser leur terre à cause de conflits armés, d’attaques terroristes, de famines, de régimes oppressifs ». Quoi qu’on pense du « Christ ressuscité », l’expression « compagnon de route » a une forte portée : elle signifie un accompagnement des migrants jusqu’au bout, en terre d’accueil d’où personne ne saurait être refoulé, où une nouvelle vie est possible et où, malgré le déchirement de l’exil, le bonheur n’est pas exclu. Pas nombreux, même à gauche, les candidats osant ce message…


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