Macé-Scaron est « fier » d'être la plume de Fillon

Le président du comité éditorial de Marianne s'est expliqué sur sa participation à l'écriture des discours du candidat de la droite et du centre.

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Ambivalente relation que celle de François Fillon avec les journalistes. Alors que le candidat de la droite et du centre refuse un entretien au journal Le Monde, une interview avec Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV pour éviter de parler « moralisation de la vie politique », et que lors de ses meetings, comme celui du 9 avril à la Porte de Versailles, des journalistes de « Quotidien » et du « Petit Journal » se font gifler et expulser, voilà que l’intéressé s’accompagne du président du comité éditorial de Marianne, Joseph Macé-Scaron, pour écrire quelques-uns de ses discours.

Selon Le Canard enchaîné, cette collaboration daterait déjà « depuis quelques semaines », d’où la surprise agacée de Marianne, qui depuis la révélation, se prévaut d’une totale indépendance, par la voix notamment du directeur de la rédaction, Renaud Dély. Ce dernier atteste que Macé-Scaron n’exerce « plus aucune responsabilité exécutive depuis le mois de mai 2016 ». D’ailleurs, depuis « un mois », la désormais plume de droite ne s’étend plus dans le journal, où il officiait chaque semaine.

La Société des rédacteurs de Marianne (SRM) a elle aussi réagi, en publiant un communiqué le 19 avril. Apprenant « avec consternation » le nouveau hobby de l’éditocrate – puisque ce dernier a affirmé n’avoir « touché aucune pige d’aucune sorte » auprès d’Image 7, dont la directrice, Anne Méaux, qui s’occupe de la communication de François Fillon, a reconnu à l’AFP qu’il était « un ami » –, la SRM a qualifié de « trahison, non seulement de la déontologie journalistique, mais également des valeurs fondamentales de Marianne » le changement de carrière de Macé-Scaron.

« Je suis fier de cette participation »

Dans une explication publiée par le Figaro Vox – où il a été rédacteur en chef des pages Idées et directeur de la rédaction, l’intéressé justifie sa « reconversion ». C’est lorsqu’il « fréquentait de près Philippe Séguin » dans les années 1990 qu’il rencontra pour la première fois François Fillon, pour lequel il n’a « cessé d’avoir de l’estime » depuis.

Après une entrevue « l’été dernier », l’ancien président du comité éditorial publiait dans Marianne un édito avant les primaires de la droite et du centre, intitulé « La profonde adresse de François Fillon ». Il y percevait alors la « cohérence » de la démarche du candidat contre le « totalitarisme islamiste », se basant sur une « économie en mesure de soutenir cet effort de guerre ». Dans sa tribune au Figaro, Macé-Scaron avoue avoir « rarement rencontré de politiques aussi ouverts au dialogue ». Le Monde et Jean-Jacques Bourdin, entre autres, peuvent en témoigner.


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