Macron : l'impossible clarification

Il a beau répéter « Je serai très clair », rien n’y fait : les positions du candidat d’En marche ! ont été aussi floues que d’habitude, jeudi dans « L’Émission politique ».

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Si l’on veut bien se placer du point de vue de la forme, Emmanuel Macron a sans aucun doute réussi son « grand oral », jeudi soir sur France 2.

Mais, conséquence de sa politique « attrape tout », le candidat n’arrive pas à se rendre clair. Il ne veut pas que son mouvement En marche ! soit une « grande lessiveuse », mais il plaide « en même temps » pour une « union large face au Front national ».

« Je ne gouvernerai pas avec ceux qui ont gouverné », dit-il ; « mais en même temps », il ne s’interdit pas de faire appel à d’anciens ministres. « Une règle mais des exceptions », selon sa formule, qui résume bien le flou qui entoure les positions de l’ancien ministre de l’Économie. Faute de clarification, le candidat d’En marche ! a multiplié les « je serai très clair », et les coups de menton.

Un néolibéral dans la continuité de François Hollande

Tout au long de l’émission, il a travaillé ce que les politologues appellent sa « présidentialité ». Maîtrisant parfaitement ses dossiers, il s’est montré particulièrement à l’aise, notamment sur les questions économiques – version libérale –, principal sujet de l’émission.

Sur le fond, il est apparu pour ce qu’il est : un néolibéral qui s’inscrit dans la continuité de François Hollande, tout en voulant aller plus loin dans le sens d’une « uberisation » de la société.

C’est peut-être face à Sayah Baaroun, syndicaliste des VTC/Uber qu’il a le mieux révélé son identité politique : travailler à tout prix et à n’importe quel prix pour « rentrer en dignité », selon son expression.

Face à François Ruffin, le réalisateur de Merci patron !, invité surprise, Emmanuel Macron s’est défendu de céder aux pressions des lobbyistes : « Je ne suis pas pour favoriser le CAC 40, mais [« en même temps », serait-on tenté d'ajouter] je ne suis pas non plus pour lui taper dessus, car il crée des emplois. »

Pour le reste, il a été « très clair » au moins sur deux sujets : il fera évacuer la ZAD pour imposer la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, mais il fera fermer la centrale de Fessenheim. Sans toutefois que l’on sache trop quand...


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