Manifestations après le 1er tour : « Ni patrie ni patron, ni Le Pen ni Macron »

Quelques rassemblements ont eu lieu à la suite des résultats du scrutin présidentiel, dont les mots d'ordre diffèrent de ceux du 21 avril 2002.

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


N i patrie ni patron, ni Le Pen ni Macron. » Le message, inscrit au pied de la Marianne de bronze sur la place de la République à Paris, résume bien, par sa limpidité comme par sa brièveté, le goût amer qu’a laissé, pour les centaines de manifestants présents, le résultat d'une « mascarade présidentielle ».

Au cours d’une nuit qu’ils voulaient être celle « des barricades », les militants anonymes ont souhaité exprimer leur colère devant « le chantage entre le libéralisme d’un côté et le fascisme de l’autre ». Mais cette nuit fut rapidement celle de la répression, tant les forces de l’ordre étaient nombreuses – signe aussi que la présence du FN au second tour sonnait depuis déjà de longs mois comme un refrain familier dans les oreilles des autorités.

Peu nombreux ?

Quinze ans plus tôt, ils étaient pourtant des milliers à s’être soulevés le soir même où le père de Marine Le Pen reçut son ticket gagnant, répondant à l’appel de nombreux partis et syndicats. Mais dimanche soir, peu nombreuses étaient les voix institutionnelles voulant la révolte de la rue, laissant ainsi le champ libre à celles et ceux qui refusent de voter, et ce coûte que coûte.

À lire aussi >> L’abstention active comme action politique

Des rassemblements étaient prévus dans treize villes un peu partout en France, de Strasbourg à Montpellier en passant par Bordeaux, Rennes, Caen ou Lille, souvent organisés par des « ingouvernables ». Dans plusieurs d’entre elles, la soirée s’est conclue par des interpellations – 143 à Paris, où le reporter Nnoman, qui filmait en direct sur Facebook, a par ailleurs indiqué avoir été frappé par la BAC après avoir vu son téléphone confisqué.

À Bordeaux, une manifestation a bien eu lieu, contrairement à ce qu’a affirmé Le Monde. Sud Ouest en a rendu compte.

© Politis

« Maintenant »

La veille, partant de la même place de la République où les manifestations de dimanche ont eu lieu, pour aller jusqu’à la Bastille, environ 2 000 personnes s'étaient rassemblées pour un « 1er tour social », à l’appel de plus de 70 organisations syndicales et citoyennes. Les revendications étaient claires : montrer que « quel que soit le candidat élu, il lui faudra faire avec la rue ». La solidarité était d’ailleurs bien visible parmi le « cortège de tête », animé par un esprit semblable à celui du printemps contre « la loi travail et son monde ».

À lire aussi >> Premier tour social : « Il faudra faire avec la rue »

Quelques blocus de lycée ont aussi émaillé la matinée de ce lundi 24 avril, alimentés sur les réseaux sociaux par le hashtag #SansMoiLe7Mai. Une assemblée relayée par le mouvement Génération ingouvernable est d’ailleurs organisée ce soir même, pour « organiser la riposte ».

© Politis

À signaler enfin : après L’insurrection qui vient (2007) et À nos amis (2014), le Comité invisible a publié le 21 avril Maintenant, un livre qui souligne la beauté de former des « destitutions » locales comme « prises sur le monde ». Si cette volonté n’est sans doute pas partagée partout dans les milieux anticapitalistes, elle reste toutefois le signe d’une nouvelle forme de lutte et d’organisation, qui trouvera certainement d’autres adeptes dans les mois à venir.


Haut de page

Voir aussi

Articles récents