Mélenchon fédère sur un contenu

Fort d’un programme politique dans lequel il a fait entrer les luttes sociales et écologiques, le candidat de la France insoumise n’est plus qu’à une poignée de voix du second tour.

Il envisage désormais publiquement la possibilité d’être au second tour. Dimanche, à Toulouse, Jean-Luc Mélenchon a de nouveau réuni plusieurs dizaines de milliers de personnes pour un meeting en plein air sur les bords de la Garonne. Là où, rappelle un tableau monumental du peintre Henri Martin ornant la salle des mariages du Capitole, « le grand Jaurès » aimait se promener. Une foule impressionnante, estimée par les organisateurs à 70 000 personnes – autant qu’à Marseille, une semaine auparavant. Qui réagit avec enthousiasme à l’évocation de sa démonstration de force par le candidat. « Cette campagne électorale est devenue autre chose qu’une campagne électorale, une immense mobilisation populaire qui sonne le jour qui commence », résume-t-il. De fait, à l’orée de cette dernière semaine de campagne, le candidat de la France insoumise est porté par une belle dynamique. Plus forte que celle qui, en 2012, alors qu’il était le candidat du Front de gauche, lui avait permis de rassembler quatre millions d’électeurs et d’atteindre un score à deux chiffres (11,1 %). Tous les indicateurs sont au vert. Les sondages, qu’il nomme avec méfiance « horoscopes », ne le placent certes pas parmi les deux premiers, mais fréquemment devant François Fillon, et dans la roue d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen. Les baromètres de popularité semblent confirmer cette cote nouvelle, en enregistrant entre mars et avril une rare progression qui le porte en tête des personnalités testées : 19 points dans le baromètre politique Kantar Sofres du Figaro Magazine, idem dans celui d’Elabe pour Les Échos et Radio Classique, 22 points dans celui d’Ifop-Fiducial pour Paris Match et Sud Radio… Ses meetings, qu’il les tienne le dimanche ou en semaine, font recette. Le dimanche 26 mars, ils étaient 10 000 à Rennes ; « du quasi jamais-vu pour un meeting politique ! », a écrit Ouest-France. Mercredi 12 avril, à Lille, il y avait encore plus de monde à l’extérieur qu’en 2012, faute de places dans le hall du Grand-Palais, la plus grande salle de la ville. Retransmises en direct sur Internet, ces réunions publiques enregistrent des records d’audience : 10 000 sur Facebook et 40 000 sur YouTube dimanche, où, 24 heures après, quelque 350 000 personnes avaient visionné le meeting de Toulouse. Autre signe révélateur : le nombre de soutiens enregistrés sur son site de campagne croît rapidement : ils étaient 424 000 mardi, au moment de notre bouclage. Un chiffre à faire rêver Jean-Christophe Cambadélis, qui, il y a un an encore, affichait l’ambition de rassembler autour du Parti socialiste 500 000 militants et sympathisants engagés. À ce stade de la campagne, Jean-Luc Mélenchon a déjà réussi à déjouer les pronostics des Cassandre, nombreux dans le camp de feu le Front de gauche, lesquels ne croyaient pas à sa candidature « en solo ». Et qui ne se sont vraiment résolus à soutenir sa candidature que tout récemment.

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