« Retour à Forbach », de Régis Sauder : La ville devant soi

Entre souvenirs personnels et présence des lieux, un portrait de Forbach marqué par la montée du FN, où l’espoir le dispute à la désillusion.

T u n’es pas complètement parti », dit Flavia, la directrice d’école, une amie d’enfance, à Régis Sauder. Intimement, le documentariste n’avait certainement pas coupé les ponts avec sa ville natale, d’autant que la maison de ses parents s’y trouve encore. Au début du film, elle a été cambriolée. Rien n’a été volé – elle ne contenait rien de précieux –, mais tout est sens dessus dessous.

Ce point d’ancrage familial sera le fil rouge de Retour à Forbach, que Régis Sauder ne montre pas habité : ses parents quitteront bientôt leur maison, et elle sera vendue. Dans une scène très marquante, le cinéaste, aidé de sa sœur, jette dans une grande benne tous les objets et petits meubles contenus dans la maison. Ceux-là portent une mémoire dérisoire, toute une vie de gens ordinaires, un héritage matériel quasi nul. Symbole de ce dénuement : le père de Régis Sauder est atteint de la maladie d’Alzheimer.

C’est le cinéaste qui, avec sa caméra, va accomplir l’acte de transmission. Dans un jeu de miroir entre ses souvenirs personnels et l’histoire de la ville, ouvrière et antifasciste, désormais prête à se livrer à un parti d’extrême droite, il tisse des liens entre passé et présent.

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