Voter Macron pour battre Le Pen : l’éternel dilemme

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On a connu ça en 2002, lorsqu’il a fallu choisir entre le vote Chirac et une abstention qui pouvait profiter à Jean-Marie Le Pen. Bis repetita. Faudra-t-il voter au second tour pour Emmanuel Macron ? Ou, pour le dire plus discrètement, à la façon du leader du PC, Pierre Laurent, faudra-t-il battre Marine Le Pen ? Ce qui, toute langue de bois mise à part, revient au même au moment de déposer le bulletin dans l’urne. 

Le dilemme est évident. Certes, Emmanuel Macron incarne très précisément ce système néolibéral qui fait le lit du Front national et explique la progression du parti d’extrême droite depuis plus de vingt ans. Et dans la campagne du second tour qui s’ouvre, le risque est grand de voir le FN prétendre représenter la politique de rupture. 

Mais faut-il pour autant prendre un autre risque, celui de laisser entrer à l’Élysée une candidate qui se situe en dehors de l’espace républicain ? Une personnalité politique qui remettra en cause les bases mêmes de la démocratie ? Les tenants de l’abstention auront beau jeu de faire observer, ou de suggérer sans l’avouer, que la victoire de Macron étant infiniment probable, il n’y a pas grand risque. Ce serait se dérober.

On a vu dès dimanche soir le dilemme se dessiner, notamment parmi les amis de Jean-Luc Mélenchon. On a vu Alexis Corbière refuser de prendre position, tandis que Clémentine Autain appelait sans ambages, comme Pierre Laurent, à « faire battre Marine Le Pen ». Un peu plus tard, Jean-Luc Mélenchon lui-même a réservé sa position en annonçant une consultation de ses comités de soutien.

Ce sera affaire de conscience et d’évaluation du danger historique que représente Marine Le Pen. Pour notre part, il ne peut y avoir aucun doute sur la nécessité de faire barrage à un mouvement liberticide et xénophobe. Mais ce débat ne peut non plus faire oublier l’essentiel du scrutin à gauche : le succès de la France Insoumise qui pose les bases d’une réelle et profonde recomposition.


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