Complicité de « génocide environnemental »

Des leaders Amérindiens dénoncent le rôle de banques françaises dans la construction d’oléoducs qui menacent leurs terres.

Maïa Courtois  • 31 mai 2017 abonné·es
Complicité de « génocide environnemental »
© Brendan Smialowski/AFP

Au milieu des actionnaires de la Société générale, le mardi 23 mai, Juan Mancias, chef de la tribu amérindienne Esto’k Gna, se lève. À peine le temps de se présenter et de poser sa question au micro que des huées se font entendre dans la salle : « On s’en fiche ! » L’assemblée s’agite, à tel point que Juan Mancias doit se rasseoir et laisser l’association Les Amis de la Terre prendre la parole à sa place. Ils sont six leaders amérindiens à avoir parcouru des milliers de kilomètres pour interpeller les banques françaises, lors des assemblées générales d’actionnaires, sur les conséquences de leurs investissements dans les oléoducs aux États-Unis.

La Société générale, BNP Paribas, le Crédit agricole et Natixis ont chacune investi 120 millions de dollars dans le Dakota Access Pipeline, un oléoduc qui a cristallisé les luttes de centaines de peuples autochtones contre les multinationales des énergies fossiles. Long de 1 900 kilomètres, traversant quatre États du Dakota du Nord à l’Illinois, le « serpent noir » passe sous le lac Oahe, principale ressource en eau des populations qui vivent aux alentours, et sur les terres sacrées des Sioux de

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Écologie
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