Entre syndicats et FN, la guerre est déclarée

La montée du Front national s’observe aussi sur le terrain syndical, tablant sur un discours social et une stratégie d’entrisme au sein des organisations. Face à cela, la lutte s’organise.

S écurité sociale, minimum vieillesse, accès au service public, augmentation du Smic… Ils ont repris toutes nos revendications ! », s’insurge Nadine, militante CGT, infirmière à l’hôpital public, brandissant les 144 engagements de Marine Le Pen pour la présidentielle. Comme Nadine, une quarantaine de militants CGT sont venus ce jeudi 13 avril à la Bourse du travail toulonnaise participer à une journée thématique organisée par la CGT, autour des dangers de l’extrême droite. Pascal Debay, en charge de la commission anti-extrême droite au sein du syndicat, est venu prêter main-forte à Olivier Masini, responsable de l’Union départementale du Var, où « le terreau de l’extrême droite s’enrichit ». Sept heures de débat, autour de documentaires sur l’histoire du mouvement ouvrier et d’analyses de la communication du Front national (FN). À Toulon, ville frontiste de 1995 à 2001, les militants, déstabilisés par le discours social du FN, apprécient : « On est venus chercher des arguments parce qu’on est confrontés tous les jours à des gens qui votent FN, même dans nos familles, témoigne une salariée des services sociaux toulonnais. On n’a pas toujours les bonnes réponses. » Des fiches thématiques sont distribuées sur le travail, le pouvoir d’achat, la fiscalité, l’immigration, la protection sociale, etc. : une valise d’armes intellectuelles, élaborée en collaboration avec d’autres syndicats. Depuis 2013, ils sont six – FSU, CGT, Solidaires, Unef, UNL, FIDL – à se réunir régulièrement au sein de l’intersyndicale « Uni(e) s contre l’extrême droite ». « Nous avons lancé cette initiative dans le prolongement de l’appel de 2011 », se souvient Stéphane Tassel, professeur dans l’enseignement supérieur et représentant de la FSU. Cet appel invitait les structures syndicales à « former leurs militants » et à « dénoncer, sans relâche, auprès des adhérents et des salariés, le caractère mensonger et nocif de l’offre politique de l’extrême droite ». Un engagement de terrain, qui s’appuie sur les travaux de l’association Vigilance initiatives syndicales antifascistes (Visa), laquelle analyse depuis 1996 « les incursions de l’extrême droite sur le terrain social ».

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