Gouvernement : une seule « grosse prise », Nicolas Hulot

La nouvelle équipe comporte très peu de surprises, avec des personnalités issues de l’ancienne majorité très prévisibles. Quant à la droite, elle est très peu entamée.

Denis Sieffert  • 17 mai 2017
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Gouvernement : une seule « grosse prise », Nicolas Hulot
© photo : KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Sur le papier, le gouvernement Édouard Philippe a toutes les apparences d’une opération réussie. Un peu de droite, comme Bruno Le Maire (ministre de l’Économie) et Gérald Darmanin (Action et Comptes publics), un peu de personnalités issues de l’ancienne majorité, comme Gérard Collomb (Intérieur) et Jean-Yves Le Drian (Europe et Affaires étrangères), et des figures plus inattendues de la société civile comme évidemment Nicolas Hulot (Transition écologique), Jean-Michel Blanquer (Éducation nationale), Françoise Nyssen (Culture) et l’épéiste championne olympique Laura Flessel (Sports). On trouve des noms plus attendus, comme François Bayrou (Justice), et Marielle de Sarnez (chargée des Affaires européennes), l’un et l’autre du Modem.

La grosse « prise », c’est évidemment Nicolas Hulot qui s’était toujours refusé à entrer directement en politique. Ce pourrait être un signe fort en direction des écologistes. Mais le ministre d’État, puisque tel est son rang, tout en haut de la hiérarchie, juste après Gérard Collomb, pourra-t-il faire aboutir ses dossiers ? Pas sûr, tant il paraît idéologiquement éloigné d’Emmanuel Macron. On pense en particulier à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes auquel le nouveau ministre est fermement opposé. Emmanuel Macron n’a pas oublié non plus sa garde rapprochée : Richard Ferrand (Cohésion des territoires), Mounir Mahjoubi (Numérique), Christophe Castaner (secrétaire d’État chargé des Relations avec le Parlement). Ce dernier, habile communicant, sera la voix du gouvernement dont il devient le porte-parole.

Côté « saupoudrage » politique, le tandem Macron-Philippe a réussi quelques prises de guerre finalement très modestes à droite avec Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, le jeune maire de Tourcoing. Deux personnages qui s’étaient placés en marge de leur parti, Les Républicains, en manifestant ostensiblement leur disponibilité. Les ministres issus de l’ancienne gauche de gouvernement étaient plus attendus. On note tout juste la demi surprise du « transfert » de Jean-Yves Le Drian de la Défense aux Affaires étrangères. Ce qui peut donner un vague goût belliciste à la diplomatie.

Si la vision d’ensemble donne l’impression d’une réussite, on ne peut pas dire que la droite soit vraiment fracturée. Et côté socialiste, c’est « la droite de la droite » du parti qui intègre la nouvelle équipe gouvernementale. On note que les affaires sociales sont carrément oubliées. Tout juste Agnès Buzyn, médecin, est-elle nommée à la Solidarité et à la Santé. On note aussi que la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, est l’ancienne directrice de Business France, agence de promotion des entreprises françaises à l’étranger. Une femme issue du monde patronal.

Politique
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